Graves accusations d’évêques soudanais (091192)
Appel à l’opinion mondiale pour ne pas oublier le Soudan
Bonn, 9novembre(APIC) Selon des évêques soudanais, le génocide, les tortures, les expulsions et la distribution arbitraire de vivres comme moyen
de pression politique sont les armes utilisées par le gouvernement du Soudan dans sa politique de répression contre les chrétiens. Accusations que
Mgr Macram Max Gassis, évêque de El Obeid, a répétées vendredi devant des
journalistes à Bonn.
La guerre civile qui dure depuis plus de 9 ans au Soudan et la politique
l’islamisation du gouvernement sont une menace non seulement pour les chrétiens mais pour tout le pays, spécialement pour les pauvres, a ajouté Mgr
Macram Max Gassis. Ce dernier a demandé aux responsables en Allemagne
d’exercer un "pression constante" sur le Soudan et d’aider les pays arabes
africains amis à agir de même auprès du régime de Khartoum.
Selon l’évêque de El Obeid, les droits fondamentaux de l’homme sont foulés aux pieds d’une manière continue au Soudan. On ne compte plus les atteintes à la vie, à la libre expression des opinions, à la liberté d’établissement comme à celle de pratiquer sa religion. L’assassinat d’innocents
est une constante journalière dans notre pays, continue l’évêque soudanais.
Dans les banlieues des grandes villes, il y a des "maisons hantées", où se
pratiquent journellement des tortures de prisonniers. D’autre part la
distribution de nourriture est utilisée comme arme politique de pression
sur la population.
Des catéchistes tués
Deux millions de réfugiés vivent dans le banlieues de Khartoum. Mgr Gassis a annoncé qu’un catéchiste de son diocèse a été crucifié, un autre a
été fusillé sous l’accusation d’avoir collaboré avec le mouvement rebelle
SPLA, un troisième enfin a été exécuté sans jugement. Le régime de Khartoum
poursuit une politique rigoureuse d’arabisation et d’islamisation et veut
imposer la scharia, le droit islamique comme fondement de la juridiction du
droit officiel. En exigeant comme conditions préliminaires à des conversations de paix l’érection du Soudan en Etat islamique, le gouvernement rend
impossible tout progrès.
"Personne ne s’occupe de nos morts!"
De son côté, l’évêque Joseph Abangite Gasi, évêque de Tombura-Yambio, a
condamné le manque d’intérêt de l’opinion mondiale et des médias sur les
événements du Soudan. Ceux qui sont tués en Bosnie-Herzégovine meurent devant les objectifs de la caméra et ils sont vus dans le monde entier. On
peut alors penser à eux et prier pour eux. "Pour nos morts, personne ne
s’en mêle", a dit Mgr Gasi. Il s’est plaint également de la censure des médias par le gouvernement de Khartoum. Les correspondants étrangers sont rarement admis à pénétrer dans le pays et ils doivent alors se soumettre à
des conditions strictes.
A la question d’un journaliste, l’évêque a confirmé qu’il y a eu des
bombardements sur des camps de réfugiés. Les évêques ont insisté sur le
fait que les conséquences de la guerre civile n’atteignaient pas seulement
le sud du Soudan mais toute la population du pays. Dans cette guerre civile, il s’agit d’un conflit politique que le gouvernement veut placer dans
le domaine religieux. Or entre chrétiens et musulmans, il y a en effet sur
de nombreuses questions "d’excellentes relations", a fait remarquer Mgr
Gassis. (apic/kna/ba)