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    Grande-Bretagne: Vers une branche de l’Eglise anglicane "libre de femmes ordonnées"

    Une véritable enclave sans femmes prêtres

    Londres, 5 janvier 2004 (Apic) L’ordination épiscopale de membres féminins du clergé pourrait provoquer la création d’une branche de l’Eglise anglicane "libre de femmes ordonnées", rapporte lundi le quotidien britannique "The Daily Telegraph". Le débat sur l’homosexualité confinant déjà à la "guerre civile" au sein de l’Eglise, la question féminine ne manquera pas d’aggraver encore les dissensions.

    C’est un groupe de travail composé d’évêques de l’Eglise d’Angleterre qui émet - parmi de nombreuses autres propositions - l’hypothèse d’une province anglicane sans clergé féminin. Cette véritable enclave protégée destinée aux opposants aux femmes prêtres devrait éviter un "exode de masse".

    Le groupe de travail présidé par Michael Nazir Ali, évêque de Rochester, devrait présenter en janvier ses propositions, fruits de trois ans de réflexions, et les soumettre à l’ensemble de l’épiscopat regroupé dans la Chambre des Evêques. Le Synode général de l’Eglise d’Angleterre traitera ensuite de la question lors de sa prochaine assemblée plénière.

    Eviter un schisme

    Après la décision d’autoriser l’accès au sacerdoce féminin, il y a une décennie, les dirigeants anglicans avaient trouvé la parade face aux réfractaires: ils avaient autorisé des "évêques volants" à s’occuper des paroisses traditionalistes qui n’acceptaient pas les femmes prêtres. Cette solution mitigée a permis jusqu’à présent d’éviter un schisme. Mais l’ordination épiscopale de membres féminins du clergé est pour les conservateurs une pilule plus dure à avaler. Les sondages montrent que dix ans après l’ordination des premières femmes prêtres, un quart des prêtres anglicans restent fermement opposés à l’ordination épiscopale féminine.

    Plusieurs évêques font partie des milieux conservateurs réticents, dont l’archevêque de York, David Hope, qui a d’ores et déjà annoncé sa démission en cas d’ordination épiscopale féminine. La proposition d’une Eglise séparée - véritable Eglise dans l’Eglise disposant de son propre archevêque, de ses évêques, de son clergé paroissial et de son propre séminaire "exempt de femmes" - va sans aucun doute faire hurler les milieux libéraux. Selon le quotidien britannique, l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a exprimé en privé sa sympathie concernant l’idée d’une telle province anglicane, mais il semble qu’une grande majorité de l’épiscopat y soit opposée. (apic/telegraph/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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