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    Golfe: les trois significations du terme "Jihad" (150191)

    Radio Vatican interroge le jésuite Thomas Michel

    Rome, 15janvier(APIC) Le terme de guerre sainte n’existe pas chez les musulmans, a expliqué à Radio Vatican le jésuite Thomas Michel, attaché de la

    section pour l’islam au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux,

    à propos de la crise du Golfe qui risque de dégénérer dès demain en une

    guerre aux prévisions incalculables.

    Thomas Michel relève que les musulmans connaissent trois significations

    au terme de Jihad. Le terme se réfère dans un premier sens à la lutte intérieure dans laquelle chaque musulman s’efforce de soumettre chaque aspect

    de sa propre existence à la volonté de Dieu; la seconde signification concerne l’effort de tous les musulmans pour l’application des principes de

    l’islam dans la vie de tous les jours; la troisième, la plus connue par les

    non-musulmans, est la lutte pour s’opposer à l’injustice et à l’oppression.

    Le jésuite Thomas Michel précise en outre que lorsque quelqu’un invite à

    la "jihad", cela ne veut pas dire que chaque musulman va immédiatement se

    battre, mais cela représente aussi une invitation à réfléchir sur la justice et la vérité. A propos des fondamentalistes musulmans, il remarque que

    Saddam Hussein était traditionnellement un leader laïc et qu’il a traité de

    manière très dure les fondamentalistes.

    Au début, poursuit le jésuite, l’invasion irakienne du Koweït a été condamnée par presque tous les leaders islamiques du monde parce qu’un pays

    musulman ne devrait pas faire la guerre à un autre pays musulman. Mais cette position a changé en raison du jeu habile de Saddam Hussein et principalement depuis que les musulmans ont constaté que l’Occident a directement

    réagi contre l’invasion, chose qui n’a pas été faite envers le Liban, et

    surtout dans la question palestinienne.

    Quant à l’Arabie Saoudite, elle a perdu beaucoup de crédit auprès des

    fondamentalistes musulmans en faisant appel à des troupes étrangères, estime en conclusion Thomas Michel. Selon lui, ce pays a, pour beaucoup de musulmans, perdu le titre de protecteur des lieux saints de l’islam, c’est-àdire la Mecque et Médine. (apic/jt/pr)

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