Glion: réunification de la Corée (061288)
Glion/Suisse, 6décembre(APIC) Des responsables d’Eglises de la République
populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) et de la République de Corée (Sud) ont publié une "déclaration historique sur la paix et la réunification de la Corée" à l’issue d’un colloque international tenu à la fin du
mois de novembre à Glion, au bord du Lac Léman. Cette rencontre était organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Dans leur déclaration commune, ces responsables d’Eglises soulignent que
"le peuple coréen a le droit de former un pays unifié et de vivre comme un
seul peuple". Le texte réaffirme les trois principes de "l’unification de
la patrie" reconnus par les gouvernements des deux Corées en 1972: "indépendance, réunification pacifique et grande unité nationale".
Parmi les quarante participants à la réunion organisée par la Commission
des Eglises pour les affaires internationales (CEAI) du COE figuraient 7
membres de la Fédération des chrétiens coréens (Nord) et 11 représentants
du Conseil national des Eglises de Corée du Sud. C’est la deuxième fois que
des responsables d’Eglises des deux parties de ce pays divisé se rencontraient à Glion sous les auspices oecuméniques.
Les 43 années de division de la Corée, affirme la déclaration, ont été
"caractérisées par des attitudes d’opposition à la paix et à la réunification". Rejetant les solutions de rechange qui établiraient de fait la division, les signataires de la déclaration ajoutent que le processus de réunification "doit respecter et garantir deux systèmes existant dans l ’esprit
de la coexistence pacifique, dans le but d’édifier un seul pays réuni".
Souligant en outre la nécessité d’instaurer la confiance dans la péninsule coréenne, le document demande aux Eglises du Nord et du Sud de
"déployer des efforts particuliers en vue de surmonter l’hostilité et la
haine, pour créer ainsi une atmosphère de pardon et de réconciliation". En
vue d’apaiser la tension, il est demandé une "réduction radicale des forces, des installations militaires et des armes". Quant à l’accord actuel
d’armistice, "il devrait être remplacé par un traité de paix; une déclaration de non-agression devant pour sa part faire l’objet d’un accord; des
garanties substantielles pour la paix et la sécurité devraient être données
à l’ensemble de la péninsule coréenne". Sur la base de ses mesures, dit le
document, "toutes les forces étrangères, et parmi elles les forces des
Etats-Unis en Corée du Sud, devraient être retirées et le commandement des
Nations Unies dans ce même pays dissous, en même temps qu’il conviendrait
de retirer toutes les armes nucléaires déployées ou fixées dans la péninsule coréenne".
A Séoul ou à Pyongyang
S’agissant de la réunion des familles, les participants signalent que
"les contacts continueront à être bloqués tant que l’on ne viendra pas à
bout de la confrontation militaire et politique". Les Eglises de la Corée
du Nord et du Sud ont d’ores et déjà décidé d’observer l’année 1995 comme
"L’année du jubilé pour la réunification.
"Après nos deux réunions de Glion, a déclaré le secrétaire général des
Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG) de Corée du Sud, Kang Moon-Kyu,
nous faisons un rêve, nous rêvons que les frères et les soeurs du Nord et
du Sud pourront se rencontrer la prochaine fois à Séoul ou à Pyongyang, au
pied du Mt. Kumgang ou le long de la mer dans la ville de Haewoondae. Nous
croyons que Dieu réalisera ce rêve". (apic/soepi/pr)