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    Le centre pour réfugiés: un pont entre deux mondes

    Gersau: ouverture du centre d’intégration de Caritas Suisse (190493)

    Gersau, 19avril(APIC) Le centre d’intégration de Gersau, dans le canton

    de Schwytz, a ouvert ses portes aux réfugiés dits du contingent - au bénéfice d’un statut spécial, c’est-à-dire non contraints de passer par la procédure habituelle de l’asile -. Sur les trois établissements de ce genre

    que compte la Suisse, il est le seul à avoir été conçu pour les handicapés.

    Pouvant accueillir jusqu’à 70 personnes, il offre un premier domicile aux

    réfugiés qui peuvent ainsi se familiariser progressivement au pays. Caritas

    Suisse assume la direction de ce centre dont l’installation et l’entretien

    sont cofinancés par la Confédération.

    Après une longue période de rénovation, l’ancien hôtel de Fluhegg, à

    Gersau, accueille à nouveau les étrangers. Cette fois, il ne s’agit pas de

    touristes, mais de réfugiés qui, issus de cultures différentes, y cherchent

    un premier accès à la réalité suisse. Dans quelques jours, le groupe de

    Vietnamiens provisoirement installé dans le centre cédera la place à 65 Somaliens qui, en tant que réfugiés du contingent, y séjourneront trois à

    quatre mois.

    Le séjour dans le centre d’intégration devrait faciliter le saut entre

    un passé marqué par la guerre, la famine, la fuite et la violence et un

    avenir incertain dans une Suisse inconnue. "La maison doit en premier lieu

    offrir aux réfugiés un sentiment de sécurité; ceux-ci doivent pouvoir y

    surmonter les épreuves traversées dans les camps de réfugiés", explique René Landolt, directeur de Fluhegg. "Pour l’équipe d’encadrement, il s’agit

    de faire connaissance avec les pensionnaires afin de pouvoir leur apporter

    un soutien individualisé durant la phase d’intégration".

    La maison, accessible en chaise roulante, est aussi destinée à accueillir un certain nombre de personnes handicapées, malades ou ayant besoin de

    soins médicaux. Ces malades bénéficieront des consultations et traitements

    nécessaires.

    Enseignement et connaissances

    La langue, la culture, le climat, tout est nouveau pour les réfugiés débarqués en Suisse. Quel est le nom de ce légume? Comment se rendre à Zurich? Lorsqu’on ignore tout de ces questions, il n’est pas facile de se débrouiller. Aussi le but du séjour consiste-t-il à ce que les réfugiés

    soient en mesure d’habiter seuls, quelques mois après leur arrivée.

    Tout en respectant la culture de ses hôtes, l’équipe d’encadrement exige

    d’eux qu’ils commencent à adapter leur conportement aux normes suisses. Elle les aide par ailleurs à surmonter le choc culturel. L’enseignement linguistique joue à Fluhegg un rôle important. Mais apprendre au sens large

    demeure le lot quotidien des pensionnaires qui doivent en quelque sorte se

    faire la main. En règlant eux-mêmes leurs affaires, dès lors qu’il s’agisse

    de faire les courses en groupe ou en famille, de cuisiner, de nettoyer ou

    même de se répartir les subsides qui leur sont versés toutes les deux semaines.

    Les matières exigeant une compréhension nuancée de la langue sont enseignées par des personnes originaires de la même culture que les réfugiés.

    Des rudiments de droit, des questions liées au système des banques et des

    assurances, ainsi que des notions d’histoire et de politique suisses figurent au programme des cours. (apic/car/pr)

    ENCADRE

    Les réfugiés somaliens

    Dans le cadre des contingents, certains groupes se voient octroyer par

    l’Office fédéral des réfugiés le statut de réfugiés sans devoir passer par

    la procédure de l’asile telle qu’elle se pratique habituellement en Suisse.

    La sélection se fait généralement à partir d’une proposition du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qui a pris ces personnes en

    charge dans le premier pays d’asile, en l’occurrence celui du Kenya.

    Des milliers de Somaliens menacés par la famine et la guerre se sont en

    effet enfuis au Kenya, le pays voisin, où ils ont vécu dans des camps, soutenus par le HCR. Parmi eux se trouvaient de nombreux malades et mutilés de

    guerre pour lesquels l’assistance médicale était insuffisante. Dans les

    camps, les femmes seules et les enfants courent un grand danger; aussi estce à 65 d’entre eux qu’a été accordé le statut de réfugié. (apic/car/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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