Genève: XLII Assemblée mondiale de la santé (170589)
Genève, 17mai(APIC) Thème proposé cette année pour les discussions techniques lors de la XLIIe Assemblée Mondiale de la Santé tenue le 15 mai à
Genève, "La Santé des jeunes" a retenu l’attention de Mgr Justo Mullor Garcia, chef de la délégation du Saint-Siège à cette assemblée. L’OMS a fait
là "un choix heureux" et l’"importance est telle" que la délégation est intervenue devant cette Assemblée plénière.
Selon Mgr Mullor, le document de base soumis à la considération de la
Conférence livre une série de statistiques qui, à côté des données concernant la santé des jeunes et les dangers qui les menacent, "offrent de
véritables radiographies morales de la situation de la jeunesse dans le
monde. Comme souvent dans la vie, médecine et morale se côtoient".
Du point de vue quantitatif, s’est exprimé le responsable de la délégation du Saint-Siège, la jeunesse - qui est le gage d’un avenir serein ou
tourmenté pour l’humanité - offre une première donnée qui invite à la
réflexion. "De 1960 à 1980, la population mondiale a augmenté de 46%, tandis que l’effectif des jeunes âgés entre 15 et 24 ans augmentait de 66%".
En Afrique, par exemple, "en 1985 les enfants de moins de 15 ans représentaient 45% de la population". Les couches adultes de la population mondiale vieillissent tandis que les enfants et les jeunes arrivent chaque jour
plus nombreux sur la scène du monde. Celui-ci est à eux, ajoute Mgr Mullor.
Selon ce dernier, par leur goût d’authenticité, par leur générosité
spontanée, par leur volonté de chercher de nouveaux chemins, les jeunes
défient le monde adulte et, par leur capacité d’imitation ainsi que par
leur caractère d’héritiers de ceux qui les ont précédés, ils révèlent à la
société qui les entoure, ses qualités et ses défauts, ses grandeurs et ses
misères...
Pour une santé physique et morale
Les statistiques proposées par le document de base, poursuit Mgr Mullor,
montrent certains dangers de santé auxquels ils sont soumis: la consommation de la drogue, de l’alcool et du tabac, la précocité sexuelle et la progression des maladies sexuellement transmssibles, l’augmentation des risques mortels d’accidents de la route, le nombre croissant des suicides. Ces
statistiques expriment aussi une évidence: à côté des maladies physiques,
existent également des maladies morales, relève-il en ajoutant que la santé
humaine n’est pas seulement une réalité qui regarde le corps; elle est aussi une réalité branchée sur l’esprit.
La santé physique reste en effet vidée en grande partie de son sens et
est rendue fragile si elle n’est pas assistée par une santé morale suffisamment solide, souligne l’intervenant pour qui l’ambitieux projet promu
par l’OMS de la "santé pour tous" manquerait d’une base solide s’il n’envisageait pas aussi la santé de tout l’être humain.
Après avoir mis en garde contre "la fragmentation" de la médecine actuelle en relevant que lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une vision globale du malade ou de la personne gravement exposée à une maladie, la
spécialisation peut rendre difficile le diagnostic et même le fausser, Mgr
Mullor rappelle un certains nombre de principes susceptibles d’inspirer le
travail intersectoriel nécessaire pour répondre aux exigences sanitaires de
la nouvelles génération.
Un rôle de prophète
Ces principes sont au nombre de trois: une médecine préventive ne peut
pas faire abstraction des causes de la situation présente en matière de
santé physique et morale. Continuer à les ignorer, ou prétendre résoudre
les problèmes actuels avec des recettes superficielles, conduira à des impasses majeures; les jeunes aiment l’effort et ils ont droit à un exemple
d’effort de la part des adultes, en particulier de la part de ceux qui ont
pour mission de leur assurer un avenir meilleur; enfin, la santé est partie
intégrante du bonheur et, en même temps, un instrument privilégié pour travailler et pour être socialement actif. Elle mérite d’être apprise aux jeunes dans un climat de franchise et de respect de leur personne.
Concluant son exposé, Mgr Mullor relève qu’il n’est pas dit que les
médecins soient condamnés à rester figés dans leur pratique concrète et immédiate sans assumer, de temps en temps, surtout quand ils sont en contact
avec les jeunes, un rôle prophétique et formateur de comportements véritablement humains. (apic/pr)