Genève: Vers un sommet des chefs religieux yougoslaves ? (180892)
Genève/Belgrade, 18août(APIC) L’Eglise serbe orthodoxe souhaite un sommet
des chefs religieux catholiques, serbes orthodoxes et musulmans de l’exYougoslavie qui devrait se tenir le 15 septembre prochain à Genève, annonce
le quotidien "Borba" à Belgrade. A Genève, au siège de la Conférence des
Eglises européennes (KEK), dont l’Eglise serbe orthodoxe est membre, on ne
peut donner de confirmation officielle.
Le patriarche Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe serbe, est prêt à rencontrer le cardinal Franjo Kuharic, primat de Croatie, et le chef des musulmans de l’ex-Yougoslavie Jusuf Selimovski. Mais le Saint Synode de
l’Eglise serbe orthodoxe a refusé la proposition du cardinal Kuharic que ce
sommet se tienne le 27 août au siège de la fondation "Pro Oriente" à Vienne.
Pour préparer ce sommet, une rencontre de la Commission de dialogue catholique-orthodoxe devrait se réunir le 24 et 25 août à Zagreb, écrit "Borba". Le cardinal Kuharic avait proposé il y a quelques jours au patriarche
Pavle une "rencontre au sommet" des chefs religieux pour le 27 août à
Vienne, mais la proposition n’a pas été acceptée. Le patriarche Pavle et le
cardinal Kuharic se sont déjà rencontrés deux fois (le 7 mai 1991 à Sremski
Karlovci, en Serbie, et le 24 août 1991 à Slavonski Brod, en Croatie) pour
tenter de trouver des solutions pacifiques au conflit qui déchire l’ex-Yougoslavie. Mais les résultats n’ont pas correspondu aux attentes des partenaires.
En janvier dernier, une rencontre de hauts dignitaires de l’Eglise catholique de l’ex-Yougoslavie et de l’Eglise orthodoxe serbe s’est déroulée
à St-Gall, sous l’égide de la Conférence des Eglises européennes (KEK) et
du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE). La rencontre fut
à l’époque qualifiée de "porteuse d’espoir".
Le pasteur Jean Fischer, secrétaire général de la KEK, ne donne pas de
confirmation sur une éventuelle rencontre le 15 septembre à Genève, car il
n’a pas reçu d’information officielle. Il précise cependant que cela fait
des mois - dès avant la réunion de St-Gall - que la KEK souhaite des rencontres entre l’Eglise orthodoxe serbe et l’Eglise catholique d’une part,
mais également une table-ronde où toutes les autres Eglises puissent participer. En effet, la KEK rassemble un certain nombre d’Eglises minoritaires
(luthériennes d’origine hongroise, slovaque ou slovène, méthodistes, réformées d’origine hongroise, etc.) réparties sur tout le territoire de l’exYougoslavie.
Ces Eglises minoritaires se trouvent en Croatie, en Voïvodine, en Macédoine, etc., et elles sont souvent dans une situation inconfortable,
n’étant pas forcément du même avis des Eglises majoritaires, comme l’Eglise
orthodoxe serbe en Serbie ou l’Eglise catholique en Croatie. La KEK est
bien placée pour comprendre la complexité de la situation religieuse en exYougoslavie. Chacune de ces communautés aimerait que la KEK prenne position
en sa faveur, mais la KEK souhaite garder un rôle de médiateur entre les
parties en conflit. (apic/be)