Genève: une délégation du COE témoigne à son retour de Croatie (211292)
Genève, 21décembre(APIC) Le viol est utilisé comme arme de guerre dans
l’ex-Yougoslavie en guerre, a affirmé lundi à Genève Mme Aruna Gnanadason,
membre de la délégation du Conseil oecuménique des Eglises (COE) de retour
de Zagreb après une visite effectuée du 14 au 18 décembre en Croatie. La
délégation, composée de cinq femmes, a confirmé et dénoncé les atrocités
commises à l’encontre des femmes musulmanes.
Les diverses rencontres avec des groupes de femmes, des responsables de
mouvements pour les droits de l’homme, "nous on convaincus de l’urgence
d’un soutien international en faveur des femmes de Bosnie-Herzégovine emprisonnées dans les camps", ont déclaré les membres de la délégation du
COE. "Les viols perpétrés dans les camps sont une véritable arme de guerre.
Les femmes sont souvent violées en public en présence de leur famille. Et
de demander aux victimes de raconter les atrocités qu’elles ont vécues
équivaut à leur faire revivre une seconde fois le viol. D’où les difficultés de parler directement avec elles".
Mais les preuves existent, insiste la délégation. "C’est maintenant à la
communauté internationale d’agir". Selon cette dernière, l’aide dans
l’ex-Yougoslavie s’organise actuellement dans deux directions: l’une
consistant, pour des femmes, à intervenir directement dans les camps,
l’autre à accueilir dans des familles des femmes violées. Certes, relève la
délégation, des hôpitaux mobiles sont installés dans les camps pour un
certain temps. "Mais il ne faut pas exclure les problèmes que pourraient
connaître ces femmes violées tant dans leur communauté que dans leur
famille".
Selon la délégation du COE, il n’y aurait eu que deux naissances connues
à ce jour à Zagreb à la suite de ces viols. Mais, affirme-t-elle, le nombre
d’avortements a augmenté de 45% dans cette même ville. Et de poser la question: "Est-ce la conséquence des viols? Impossible de l’affirmer de manière certaine!"
Si, pour la délégation, il ne fait aucun doute que seuls les Serbes ont
mis sur pied des camps, il ne fait non plus pas de doute que des Bosniaques
ont aussi participé à ces crimes, à ces viols. Il est nécessaire, ont indiqué les membres de la délégation, de faire connaître ces atrocités et de
faire reconnaître ces viols comme crimes de guerre. Il y a lieu de créer
des lieux d’accueil pour les victimes et de financer des programmes de
groupes de femmes qui travaillent sur place. (apic/pp/pr)