Genève, 12décembre(APIC) Le quotidien genevois "Le Courrier" a décerné un
double prix pour les droits de l’homme au cours d’une cérémonie, ce lundi
12 décembre à Genève. Les deux lauréats sont l’Action parrainage de requérants d’asile, et Alba Viotto. Chacun des deux recevra une somme de 500
francs.
Lors de la première attribution en 1986, le prix avait couronné "Le
Pavé", un groupe de collégiens genevois luttant pour le respect des droits
de l’homme. Cette année les diverses personnalités du jury : Monique BauerLagier, présidente de Pain pour le prochain et ancienne conseillère aux
Etats, Laurence Deonna, reporter et écrivain, Guy Fontanet, ancien Conseiller d’Etat, cinq journalistes et deux membres de la rédaction du Courrier,
ont voulu honorer l’Action parrainage qui s’est distinguée depuis 1985 par
ses activités en faveur des réfugiés et Alba Viotto, membre d’Amnesty
international, particulièrement active dans le groupe "femmes" et dans le
groupe "professionnels de la santé".
La voix des sans-voix
Dans son allocution, le nouvel éditeur du Courrier, Marco Föllmi, a
souligné l’attachement du journal aux droits de l’homme, "même s’ils ne se
vendent pas aussi bien qu’un autre spectacle médiatique". Le prix du
Courrier pour les droits de l’homme, a-t-il continué, "se veut être un
témoin concret, une reconnaissance à toutes celles et à tous ceux qui ont
oeuvré et oeuvrent encore maintenant pour cette cause... En ce sens, le
"Courrier" est bien fidèle à l’une des de ses lignes de conduite, que l’on
peut résumer par ce mot de Jean Paul II : "L’Eglise voudrait se faire la
voix des sans-voix, des pauvres, des victimes de toutes sortes..."
Pierre Dufresne, rédacteur en chef du Courrier, a, lors de son
intervention, mis en évidence la "constellation de la solidarité",
c’est-à-dire l’ensemble des organisations qui luttent pour les droits de
l’homme, la justice et la paix. Il a souhaité que ces mouvements mettent
"au point une stratégie commune et cynergique" qui aboutirait à une
amplification de leur impact.
Dans un deuxième temps, il a insisté sur la qualité des programmes de la
télévision romande "qui responsabilise son public" et sur les menaces que
représente l’avénement des chaînes privées soumises aux impératifs publicitaires. Il a également souligné dans sa présentation des lauréats, les
points saillants de l’Action parrainage née lors d’un premier refuge dans
des paroisses. Le mouvement riche de cette première expérience a continué à
aider les requérants d’asile sous plusieurs formes : aide concrète, fêtes
de solidarité, contacts avec les autorités politiques, participation à la
coordination genevoise pour la défense du droit d’asile. Il regroupe plusieurs centaines de personnes dont des représentants de paroisses, de syndicats, de groupes de quartiers.
Quand à Alba Viotto, elle s’est distinguée dans son activité en faveur
des familles des prisonniers d’opinion. Aux Philippines, dès 1982, elle
apporte un soutien aux familles de syndicalistes. Elle facilite la venue de
personnes du tiers-monde qui viennent témoigner à Genève devant les
organisations internationales. Elle travaille aussi par rapport au Chili.
Avec l’aide d’un médecin, elle s’occupe d’enfants traumatisés par la
répression. Elle est aussi en collaboration avec un groupe de femmes
militantes de la "Victoria", la paroisse du Père Dubois, expulsé du Chili
en 86. Selon ses propres mots : "Je crois à la nécessité d’un témoignage
permanent".
Lors de la cérémonie, on remarquait notamment parmi les personnes
présentes : Myriam Rudaz, du Conseil exécutif catholique, Marc Winiger,
président du Conseil exécutif protestant, Christian Aquet, président du
Consistoire, Dominique Föllmi, du Conseil d’Etat, Jacqueline BerensteinWawre, présidente du Grand Conseil, Guy-Olivier Segond, conseiller administratif de la Ville de Genève. (apic/pp/bd)