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    Genève : un débat sur les Philippines est-il encore possible ? (140688)

    Genève, 14juin(APIC/Paolo Piccinini) Lundi 13 juin, à l’occasion de la

    venue à la conférence de l’OIT (Organisation internationale du travail) de

    Cory Aquino, présidente des Philippines, les Comité "Philippines libres"

    organisait une table ronde patronnée par le quotidien genevois "Le

    Courrier". Y ont participé Eric Sottas, directeur de l’Organisation

    mondiale contre la torture, le président du syndicat Nestlé aux

    Philippines, un député philippin membre des commissions parlementaires des

    droits de l’homme et Roland Paringaux, journaliste du "Monde".

    Le débat fut décevant. Si les témoignages du syndicaliste et du député

    philipppins sur les atteintes aux droits de l’homme sont la preuve que tout

    n’est pas résolu depuis la chute de Marcos et que le chemin vers la

    démocratie est encore long et tortueux, leurs parti-pris idéologiques ont

    pratiquement rendu toute discussion impossible. En effet, si après avoir

    dénoncé les crimes et les emprisonnements arbitraires perpétrés par l’armée

    philippine, on glisse à une accusation en règle de Mme Aquino et de son

    gouvernement, on en arrive pratiquement à comparer le régime actuel à celui

    de Marcos.

    Ainsi les efforts pour le rétablissement de la démocratie sont-ils

    escamotés. De même pour la réforme agraire votée récemment par les

    chambres, qui est condamnée d’emblée à cause des sabotages possibles ou de

    ses insuffisances. Seul le journaliste du "Monde" a tenté de montrer les

    dangers de ce type de politique qui tend à répondre à la violence par la

    violence, à condamner toutes les réformes sous prétexte qu’elles ne sont

    pas assez audacieuses. Cela ne peut qu’aboutir à l’échec de la politique

    tentée par le gouvernement actuel qui s’est lancé sur la difficile voie de

    la réconciliation, a-t-il ajouté.

    A propos de réforme agraire, Roland Paringaux a souligné que certes elle

    aurait pu être envisagée plus tôt, mais que c’est une grossière erreur de

    la repousser d’un revers de main, car elle touche la vie de plus de la

    moitié des Philippins. Il est en effet prévu de distribuer 5,5 millions

    d’hectares à 30 millions de personnes, sur un total de 56 millions

    d’habitants.

    Le journaliste a terminé par des propos assez amers. Il a affirmé

    qu’Aquino était aujourd’hui prise entre les deux feux de l’extrême droite

    et de l’extrême gauche et qu’une telle situation qui a déjà fait tant de

    mal dans le tiers monde risquait bien de faire capoter l’expérience qui

    avait suscité tant d’espoir en février 86. (apic/pp/ym)

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