Genève: temple des Pâquis ouvert jusqu’à minuit le samedi (030593)
Genève, 3mai(APIC) Le temple des Pâquis à Genève restera ouvert tous les
samedis soirs jusqu’à la fin juin. Le passant y sera accueilli et pourra,
le temps d’un soir, fuir la solitude ailleurs que dans un établissement public. Cette expérience avait débuté le 5 décembre dernier. Devant le succès
de cette initiative, les responsables ont décidé de continuer jusqu’à
l’été, mais le groupe "Eglise ouverte" espère poursuivre son activité bien
au-delà.
Lors de la première ouverture, le 5 décembre 1992, les personnes qui
avaient imaginé cette initiative - Noël Constant, animateur de rue à Carrefour, Michèle Diaz, bénévole à Agora, le service oecuménique d’accueil des
réfugiés et Christian Aguet, enseignant, qui présida le Consistoire de
l’Eglise nationale protestante de Genève de 1986 à 1990 - avaient lancé une
large invitation à se rendre au temple des Pâquis. Une centaine de personnes avaient ainsi transformé cette première soirée en rassemblement de fête
dans le temple. Les deux samedis suivants, l’opération prenait une vitesse
de croisière. L’opération a été renouvelée à partir du 6 mars et durera
jusqu’à la fin juin.
Un endroit idéal pour se rencontrer
L’idée de départ de cette initiative est simple: temples et églises sont
souvent au centre d’un quartier. C’est donc un endroit idéal pour y organiser un lieu ouvert aux personnes qui désirent un moment de compagnie. D’autant plus que ces bâtiments ont généralement leurs portes closes en dehors
des offices religieux ou permettent tout au plus à celui qui le désire de
venir se recueillir dans la solitude. Pour les initiateurs de l’"Opération
Eglise Ouverte", attentifs à la dimension communautaire de l’Eglise, l’idée
de soirées d’accueil dans un temple représente un triple enjeu: utiliser un
bâtiment ecclésiastique pour une activité communautaire autre que le culte,
permettre à des solitaires d’un quartier de trouver un lieu d’accueil à
leur porte et mettre des bénévoles au travail pour une action commune.
Une quarantaine de bénévoles se répartissent une permanence chaque samedi de 18h à minuit. La plupart ont déjà un engagement dans leur paroisse et
sont professionnellement sensibilisés aux questions d’accueil. Ils se retrouvent une fois par mois pour faire le point de leurs activités.
Les Pâquis représentent un lieu favorable pour l’expérience. Ce sont
pourtant davantage les circonstances qu’un choix délibéré qui ont fait
qu’elle se déroule dans ce quartier central et animé de Genève. Les initiateurs ont contacté plusieurs paroisses avant d’en trouver une qui accepte
de prêter son temple. Pour certains, c’est la crainte de déprédations et de
débordements dans un lieu de culte qui leur ont fait refuser l’expérience;
d’autres ont accueilli positivement l’idée, mais n’ont pas pu concrétiser
leur offre, leurs bâtiments n’étant pas, à leur avis, adaptés à une telle
activité.
Les autorités protestantes et catholiques ne sont pas "contre".
Les autorités d’Eglises, tant protestante que catholique, "n’ont pas découragé l’initiative", comme le dit un des responsables. Témoins bienveillants de l’expérience, elles n’ont pas, pour le moins, partagé l’enthousiasme d’organisateurs persuadés que leur vision communautaire de l’accueil
se situe parmi les priorités premières des croyants d’aujourd’hui.
L’expérience se terminera fin juin aux Pâquis car le temple connaîtra
alors une période de travaux de restauration. Mais le groupe "Eglise ouverte" compte bien poursuivre son activité ailleurs. Son rêve? Que de nombreux
temples et églises soient ouverts dans le canton de Genève et pas seulement
quelques heures par semaine. Au-delà de l’expérience ponctuelle, c’est une
double image de l’Eglise qu’il veut promouvoir. Celle d’une communauté prête à proposer à tous, solitaires, marginaux ou personnes intégrées dans
leur milieu un lieu de rencontre. Et l’image aussi de temples et d’églises
qui soient des lieux de vie et de dialogue même en dehors des heures des
cultes ou des messes. (apic/spp/ds/ba)