Genève, 16mai(APIC/Paolo Piccinini) Tout a commencé il y a vingt ans.
Cette enseignante qui vit paisiblement dans des collèges pour jeunes filles
de bonne famille à Istanbul ou Alexandrie, va visiter les bidonvilles du
Caire. C’est le choc. "La vue de toutes ces personnes vivant au milieu des
ordures est insupportable, il fallait réagir, venir en aide aux enfants. Ce
n’est pas de la charité, je ne réclame que la justice", s’exclame Sr
emmanuelle.
Elle était la dernière invitée du cycle de conférences organisées par
"Coopération - Coup de main", cette association genevoise qui regroupe des
élèves et des professeurs du Cycle d’orientation et qui a pour but de sensibiliser les jeunes sur les défavorisés du Tiers-Monde ou de nos sociétés
occidentales. Leur campagne culminera le 4 juin prochain par une fête au
Bois de la Bâtie, à Genève.
Soeur Emmanuelle est infatiguable. De plus, elle sait convaincre. D’ailleurs, Dominique Föllmi, président du Département genevois de l’Instruction
publique, a été complétement séduit et en a tracé, dans sa présentation, un
portrait des plus flatteurs.
Au Caire, au Soudan, au Liban...continuons le combat
Au Caire, elle va s’occuper des chiffoniers. Elle crée des jardins d’enfants dans deux bidonvilles et même une école pour les plus grands. Cela ne
va pas sans problèmes. Elle doit non seulement affronter les questions
d’argent, mais doit aussi convaincre les parents de la nécessité d’une éducation pour leurs enfants. Cette militante de la justice se fixe quelques
règles simples. Ecouter et comprendre les habitants de ces pays, et donc
abandonner "nos grands airs d’Occidentaux". Chercher l’appui des autorités
locales et partir en Europe pour récolter l’argent nécessaire.
En Belgique, en France, en Suisse, elle lance des organisations de soutien. Elle parle à la télévision. Elle va voir des responsables politiques.
Ainsi, Jacques Delors, président de la Communauté européenne, a apporté son
soutien pour la construction d’un village pilote en Egypte, comme il
l’avait fait pour une usine de compost pour les chiffoniers du Caire. Mme
Moubarak et le gouverneur du Caire se sont aussi engagés dans la bataille.
Mais à 79 ans, Sr Emmanuelle ne désarme pas. Son regard se porte maintenant sur les enfants du Soudan. Ce pays en guerre connaît des milliers
d’enfants réfugiés qui connaissent le vol, la prostitution, la drogue. Faute de moyens, on a construit des écoles en roseaux. On essaye d’apporter
une assistance médicale minimum. Et d’assurer le pari de fournir 10.000 repas quotidiens.
Dès qu’elle a fini de vous parler du Soudan, ses pensées se portent ailleurs, au Liban et... partout ou la misère existe. (apic/pp/bd)