Genève : SOS-Torture se présente à la presse (020388)
Genève, 2mars(APIC) "Notre rôle essentiel est de fonctionner comme une
centrale d’alerte dans les cas de torture et d’atteintes graves aux droits
de l’homme. Dans ce sens, la rapidité de l’information est primordiale. Les
premières heures après l’arrestation sont cruciales pour venir en aide aux
victimes de la répression". C’est de cette façon que fonctionne l’OMCT,
l’Organisation mondiale contre la torture/SOS Torture à Genève, que son directeur Eric Sottas présentait mercredi à la presse.
SOS Torture - une organisation non gouvernementale (ONG) fondée en 1986
- tiendra sa première Assemblée générale du 3 au 5 mars au Centre International de Conférences de Genève. Plusieurs personnalités, dont Jacques Vernet, président du Département genevois de prévoyance sociale, Alioune Sene,
président de la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies, Anatoly
Koryaguine, psychiatre récemment libéré des camps de travail soviétiques,
interviendront lors de la séance d’ouverture.
Dans une deuxième partie, des groupes de travail traiteront notamment de
l’assistance aux victimes, des stratégies d’intervention, des systèmes de
communication et des procédures internationales. En fin de Congrès, les
problèmes plus spécifiquement statutaires et d’orientation seront discutés.
En avant-première, les congressistes assisteront à un séminaire d’étude sur
la question de l’aide aux victimes de la torture auquel sont invités John
Pace, responsable des procédures spéciales et Tom MacCarthy, secrétaire du
Fonds des Nations-Unies pour les victimes de la torture.
Une centrale d’alerte
L’OMCT fonctionne comme centrale d’alerte dans les cas de torture. Un
réseau international d’ONG sérieuses et fiables - une centaine - lui fournit l’information qu’elle se charge de diffuser, sans perdre son temps dans
les vérifications. D’autre part, l’organisation oriente l’ONG qui l’a contactée dans la jungle des procédures auprès des instances internationales.
L’OMCT vient d’ailleurs à cet effet de publier une brochure d’information.
L’OMCT intervient encore à un troisième niveau, en apportant une aide
concrète aux victimes de la torture et de graves violations des droits de
l’homme, et à ceux sur place qui cherchent à les aider. Quelques exemples :
dernièrement, plusieurs Colombiens ont pu quitter grâce à l’OMCT leur pays
ou ils étaient gravement en danger; de même un Indonésien a pu être libéré
une heure après son arrestation par des civils circulant dans une voiture
sans plaques.
Depuis sa création il y a deux ans, l’organisation a augmenté son niveau
d’intervention. Depuis le début de cette année, elle s’occupe d’un cas par
jour. L’Amérique latine, étant donné l’ampleur du phénomène des "disparitions" d’opposants dans ce continent, représente 50 % des appels. Les travaux
de l’Assemblée générale permettront peut-être de préciser les critères
d’intervention - faut-il être plus sélectifs se demandent les responsableset d’examiner les possibilités de mieux s’implanter en Afrique.(apic/pp/be)