Genève: session du Comité central du COE (270390)
Genève, 27mars(APIC) Frank Chikane, secrétaire général du Conseil des
Eglises d’Afrique du Sud (SACC), est intervenu mardi au cours de la session
du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui se tient du
25 au 30 mars à Genève. "Le système d’apartheid est toujours en place", at-il déclaré en demandant de maintenir les pressions nationales et internationales tant que l’apartheid ne sera pas aboli.
Avec les événements en Europe de l’Est, "on assiste en Afrique du Sud à
l’arrivée d’immigrés bien formés provenant des pays de l’Est", a affirmé
Frank Chikane. Et de relever: "le gouvernement sud-africain est très intéressé par ce phénomène et leur ouvre généreusement les bras".
Dasn son exposé, le secrétaire général du SACC a parlé des signes
d’espoir bien visibles, selon lui, dans cette région du monde, avec la libération de Nelson Mandela, l’indépendance de la Namibie le 21 mars dernier
et les rencontres, à cette occasion, entre Frederik de Klerk et les leaders
noirs d’Afriques du Sud. Reste, a-t-il dit, que de grosses difficultés persistent.
Selon Frank Chikane, pour que l’ANC (Congrès national africain) accepte
des négociations avec de Klerk, quatre conditions doivent être remplies:
libération de tous les prisonniers politiques; retour des exilés; fin de la
répression et levée de l’état d’urgence. Dès lors, a-t-il affirmé, l’ANC
renoncera à la lutte armée. La première rencontre officielle entre le gouvernement sud-africain et l’ANC aura lieu le 11 avril prochain.
Rôle des Eglises
Les Eglises devront prier pour l’aboutissement de ces discussions et
tout faire pour faciliter les négociations à venir, a poursuivi Frank Chikane. Il estime que dans ce cadre les pressions internationales - économiques notamment - doivent se poursuivre jusqu’à l’abolition totale de
l’apartheid.
Mais d’autres situations de conflit se développent en Afrique du Sud.
C’est le cas notamment des résistances contre les houmelands, des luttes
entre les Noirs et de la situation au Natal. Selon Frank Chikane, les conflits entre Noirs ne sont pas d’origine tribale, mais essentiellement politique. Par rapport au futur, il avance la perspective d’une nouvelle organisation économique et sociale. "les Eglises devraient dans cette perspective favoriser la reconstruction, guérir les blessures et aider les victimes. Il faudra faire comprendre aux Blancs qu’ils seront bien accueillis
dans cette nouvelle société multiraciale", a-t-il conclu. (apic/pp/pr)