Genève : session du Comité central du COE (260390)
Genève, 26mars(APIC) La dernière session du Comité central du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) se tient à Genève du 25 au 30 mars. Elle a pour
tâche d’élire un nouveau Comité central. La préparation de l’Assemblée de
Canberra, en Australie, du 7 au 20 février 1991, un projet de réorganisation interne et les changements en Europe de l’Est seront également à l’ordre du jour. Des représentants du Vatican étaient présents dans la salle et
des critiques se sont fait entendre à l’égard de l’Eglise catholique lors
du débat préliminaire sur le 6e rapport du Groupe mixte de travail (GMT)
Eglise catholique romaine-COE.
dans le rapport qu’il a présenté devant le Comité central du COE, lors
de la séance d’ouverture de la session, le 25 mars, le président Heinz Joachim Heid a constaté les pas modestes qu’ont franchi les Eglises pour faire
passer dans les actes leurs propres résolutions. Il a rappelé que suite aux
débats du Comité central lors de ses réunions à Hanovre (1988) et Moscou
(1989), le COE est passé tout près d’une rupture à cause de la situation en
Roumanie. La VIe Assemblée du COE à Vancouver, en 1983, avait fixé comme
objectif l’engagement multiforme des Eglises en faveur de la justice, de la
paix et de la sauvegarde de la Création (JPSC). "Nous devons reconnaître, a
jugé le président du Comité central, que nous n’avons pas dépassé le stade
de quelques pas préliminaires isolés".
Europe de l’Est: chercher de nouveaux modèles de développement
Pour Emilio Castro, secrétaire général du COE, le fait que la majorité
des pays de l’Est européen manifestent la volonté de s’intégrer à l’économie de marché n’est pas à considérer comme un triomphe du système capitaliste dans son ensemble. Pour ces pays comme pour ceux du Sud, il s’agit
plutôt de chercher des modèles de développement qui ne les confinent pas à
la marge, à la périphérie des grands centres mondiaux. D’où la nécessité de
chercher des modèles alternatifs.
Tout en se disant partisan de la théologie de la libération qui "a montré sa capacité de mobiliser des peuples opprimés devenus les artisans de
leur propre histoire", Emilio Castro a suggéré de se pencher sur les projets esquissés dans les années 70 et préconisant une société juste et viable, fondée sur la participation. Le processus conciliaire "Justice, Paix
et Sauvegarde de la Création" (JPSC) a apporté des éléments dans cette direction, a-t-il ajouté.
Eglise catholique-COE: entente délicate
Pour le pasteur camerounais Aaron Tolen, la question de la réciprocité
entre l’Eglise catholique et COE se pose. Beaucoup de catholiques romains
siègent dans des commissions du COE, font partie du personnel et
participent à des réunions du Conseil. Y a-t-il une réciprocité ? Si non,
pourquoi ? Dans son pays, les Eglises protestantes ont pratiqué cette
ouverture, mais il n’a pas vu de réciprocité.
Pour Per Voksoe, de Norvège, le rapport confirme ce que l’on
soupçonnait, à savoir que les relations entre le COE et le Vatican, au lieu
de s’améliorer, se sont détériorées. Même si sur le plan local on constate
de réjouissantes et nouvelles formes d’unité chrétienne, a-t-il ajouté, le
tableau est décevant au niveau officiel.
Marga Bührig, une des présidentes du COE, a souhaité que l’Eglise
catholique reconnaisse qu’en son sein il y a autant de courants
théologiques que dans la famille des Eglises du COE.
Le pasteur français Jacques Maury estime sain que les impatiences se
manifestent, d’ailleurs pas seulement à l’égard du Vatican, mais aussi
envers les aspects institutionnels du COE.
Il faut rappeler cependant qu’il y a vingt-cinq ans le Comité central du
COE et le Vatican créaient le Groupe mixte de travail pour les relations
entre l’Eglise catholique romaine et le COE. Actuellement, les domaines où
le COE et le Vatican collaborent directement sont: la commission Foi et
constitution, dont douze membres sur 120 sont catholiques; le Comité de
direction de l’Institut oecuménique de Bossey; la Commission mission et
évangélisation (sept consultants catholique); le Secrétariat de l’aide
d’urgence et de la reconstruction de la Commission d’entraide et de service
des Eglises et d’assistance aux réfugiés (CESEAR) et Caritas
Internationalis; la section Dialogue du COE et le Conseil pontifical pour
le Dialogue inter-religieux; l’Unité Education et renouveau du COE et
Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE); la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens.
Réflexion sur les développements en Europe
Le Comité central du COE doit mettre la dernière main au programme de
l’Assemblée de Canberra, désigner les orateurs et faire le choix de 15% des
délégués (ils seront environ mille). Il participera aussi le 28 mars à un
débat sur les développements en Europe, qui sera introduit par le pasteur
réformé Laszlo Tökes, connu comme l’initiateur de l’insurrection populaire
en Roumanie, l’évêque luthérien de Dresde Johannes Hempel, l’un des présidents du COE et l’académicien soviétique Serguei Averintsev.
A l’ordre du jour du Comité central on peut noter une décision de principe sur l’agence de presse oecuménique, un débat sur l’Afrique du Sud animé par Frank Chikane, secrétaire général du Conseil des Eglises d’Afrique
du Sud (SACC) et une prise de position sur la peine de mort.
Pour le nouveau mandat de sept ans du prochain Groupe mixte, le Groupe
actuel propose les priorités suivantes: "Dimensions ecclésiologiques du
travail oecuménique; éducation oecuménique et formation; témoignage commun
et mission". (apic/com/cor)