Genève: session annuelle de la Commission (280693)
La réponse inadéquate des gouvernements face aux problèmes des réfugiés
Genève, 28juin(APIC) L’Eglise catholique, à l’échelon national et international, doit s’employer activement à attirer l’attention de la communauté
mondiale et des gouvernements sur les besoins des réfugiés, relève dans un
communiqué la Commission internationale catholique pour les migrations
(CICM). Celle-ci constate que les questions qui se posent aux migrants et
aux personnes déplacées n’ont jusqu’à présent trouvé que des réponses "inadéquates" de la part de la communauté et des gouvernements.
Récemment réunis à Genève, des représentants de la CICM venus de plus de
60 pays des cinq continents attirent l’attention sur le sort réservé à un
nombre croissant de personnes poussées au déplacement par la guerre, les
bouleversements politiques ou la dégradation de leur situation économique.
Selon eux, il appartient à l’Eglise catholique d’intervenir auprès des instances décisionnelles pour leur faire prendre conscience de l’inadéquation
de leur intervention face aux besoins de ces personnes.
En qualité d’organisation internationale catholique, la CICM a pour mandat de satisfaire et d’aller au-devant des besoins des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées, rappelle-t-elle. A ce titre, elle est
chargée de réaliser et d’appuyer des programmes dans le monde entier. Depuis 1980, elle s’est engagée de façon directe dans la réinstallation de
quelque 700’000 victimes de guerre.
A la faveur d’un examen "approfondi des priorités de la CICM, les délégués ont été rendus attentifs au fait qu’au moment où le nombre des personnes cherchant à se déplacer s’accroît de manière inquiétante, les gouvernements en place en Amérique du Nord, en Europe et en Australie limitent sévèrement l’entrée des étrangers dans leurs pays", indique le communiqué.
Pour les délégués, les gouvernements doivent assumer leurs responsabilités
vis-à-vis des victimes des guerres et des injustices économiques. Il y a
urgence.
"La situation actuelle exige des gouvernements et de la communauté internationale et des agences telles que la CICM qu’ils accordent davantage
d’attention au rapatriement, et, concrètement, aux besoins des personnes en
phase de rapatriement", devait déclarer le président de la CICM, Michael
Whiteley (Australie), au cours des débats de cette session annuelle.
Cette session a encore été marquée par l’approbation d’une déclaration
finale à travers laquelle les délégués insistent sur les phénomènes de
l’intolérance et de la xénophobie qui conduisent à de nouvelles fuites massives de population. Les délégués constatent en outre que les haines ethniques et l’intolérance culturelle détruisent toute fraternité, et que la
violation de la liberté religieuse pousse la population à l’exil ou au déplacement. Tout comme l’extrême pauvreté, et l’oppression qui forcent des
populations à risquer leur vie en fuyant sur de frêles embarcations.
Tout en réitérant leur engagement vis-à-vis des programmes en cours de
la CICM, les délégués ont défini en trois points les priorités pour le futur. Le rapatriement: la priorité ira à la conception et au soutien de programmes visant à satisfaire les besoins psychologiques et économiques des
personnes contraintes à retourner chez elles; les personnes déplacées au
plan interne: l’intervention d’urgence telle qu’elle se pratique actuellement est totalement inopérante en ce qui concerne les besoins des personnes
déplacées; les travailleurs migrants: les millions de travailleurs migrants
arrachés à leurs foyers pour assurer l’avenir économique de leurs familles
ont des besoins spécifiques que ni la communauté ni les gouvernements ne
reconnaissent, tant chez eux que dans les pays d’accueil. (apic/com/pr)