Genève : Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens (110190)
Genève, 11janvier(APIC) L’"Action Protestante pour le Maintien de la Paix
Confessionnelle" (APMPC) a demandé aux protestants, dans un article paru
récemment dans son bulletin, de boycotter la Semaine de prière pour l’Unité
des Chrétiens, célébrée du 18 au 25 janvier. Les autorités de l’Eglise Nationale Protestante de Genève (ENPG) ont quant à elles exprimé leur "plus
vive désapprobation" concernant l’initiative de l’APMPC dans un communiqué
publié jeudi 11 janvier.
L’APMPC a décidé de manifester son désaccord profond avec "les manières
d’agir de la hiérarchie romaine" en ne participant pas à la Semaine de
prière pour l’Unité des Chrétiens "tant que le Vatican n’aura pas montré
qu’il considère Genève comme autre chose qu’une citadelle hérétique à conquérir".
En fait, cet article du bulletin de l’APMPC est un rappel du boycott
lancé il y a deux ans, en janvier 1988. Il remet en cause "l’écart qui persiste entre l’irénisme des discours officiels et les actions concrètes du
Vatican, parce que ce phénomène entame l’essence même du dialogue oecuménique, fondé sur la confiance et la reconnaissance réciproques". Pour illustrer leur affirmation, l’APMPC cite l’exemple de la nomination de Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg,
survenue le 12 février 1987 "sans que les autres Eglises aient été informées". geait "à informer régulièrement nos partenaires ecclésiaux".
Du côté catholique, l’Abbé Jean-Paul de Sury, secrétaire de la pastorale
d’ensemble et délégué épiscopal, estime que les positions de l’APMPC sont
regrettables. "Heureusement, il ne s’agit que de la réaction d’une fraction
de protestants alors que les rapports avec l’ENPG sont excellents", a-t-il
relevé. Il a renchéri en citant divers exemples de collaboration oecuménique : l’AGORA (aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d’asile), les projets pour 1991 de "Chrétiens pour l’an 2000", le travail commun
à propos des foyers mixtes.
Notons que l’appel au boycott lancé en 1988 n’avait pas eu d’influence
sur le nombre de manifestations organisées durant la Semaine de prière pour
l’Unité des chrétiens : en effet, alors qu’elles étaient 65 en 1987, elles
ont passé à 79 en 1988 et à 88 en 1989. (apic/pp/cor)