Genève: réunion du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises
Genève, 16août(APIC) Le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises
(COE) se réunira du 21 au 28 août à Genève. Un des points importants de
l’ordre du jour sera l’élection lundi 24 août du nouveau secrétaire général
appelé à remplacer le pasteur Emilio Castro qui prendra sa retraite à la
fin de l’année. Le Comité central compte 150 membres élus lors de la 7e assemblée du COE à Canberra en Australie en 1991. Il est l’organe directeur
du COE.
Les débats du comité porteront sur les programmes, les relations, et les
finances du COE qui compte aujourd’hui 320 Eglises anglicanes, protestantes
et orthodoxes, dans plus de 100 pays. Les autres points abordés seront la
collaboration des Eglises dans le domaine de l’économie et de l’environnement, après le sommet de la terre à Rio en juin et "Europe 1992". Un débat
sur la recherche de l’unité de l’Eglise est également prévu. Un service oecuménique public ouvrira cette assemblée vendredi 21 août à 20 h à la Cathédrale St-Pierre de Genève. Le pasteur Castro prononcera la prédication.
La question de l’unité de l’Eglise sera certainement un des défis majeurs pour le COE ces prochaines années. Lors de l’assemblée de Canberra,
des divergences théologiques assez profondes étaient apparues. L’intervention de la jeune théologienne coréenne Chung Hyun Kyung, qui avait invoqués
les esprits des créatures de la terre, de l’eau de l’air et de la mer, fut
qualifié de dangereuse expression de syncrétisme par un grand nombre de délégués. Cet événement a servi de catalyseur. Si une partie des Eglises,
protestantes notamment, semblent se contenter d’une "coexistence dans la
tolérance", d’autres particulièrement les Eglises orthodoxes avaient réclamé un vrai dialogue théologique dans la recherche de l’unité. On a observé
un déséquilibre croissant entre les deux mouvements fondateurs du COE. La
Commission de réflexion théologique "Foi et Constitution" étant aux yeux de
beaucoup devenu le parent pauvre au sein du Conseil par rapport à celle de
l’action dans le monde au nom de l’Evangile "Christianisme pratique". La
première rencontre du nouveau Comité central tenue à Genève en septembre
1991 a fait un pas dans cette direction, en réaffirmant que le but premier
du COE est la recherche de l’unité visible des Eglises et qu’il doit se
donner les moyens théologiques d’y parvenir.
Le rôle du Comité central et ses relations avec les Eglises particulières a aussi été remis en cause, certains estimant qu’il avait tendance à se
considérer comme un "en soi" indépendamment des diverses Eglises et à prendre lui-même les traits d’une Eglise avec sa propre "curie".
Les relations avec l’Eglise catholique ainsi que son entrée éventuelle
au sein du COE entrent aussi dans la discussion sur l’organisation du COE.
Dans leur forme actuelle, les structures ne pourraient pas supporter l’arrivée de l’Eglise catholique qui disposerait de par son importance démographique d’emblée du plus grand nombre de sièges au Comité central.
Une des idées qui circulent actuellement pour retrouver un équilibre
compromis est la création de structures fondées sur les Alliances ou Familles confessionnelles. On pourrait imaginer un organisme où seraient représentés à égalité les quatre "familles d’Eglises" anglicane, orthodoxe, protestante et catholique.
En redéfinissant ses options et ses structures fondamentales, et en élisant un nouveau secrétaire général, le COE est appelé ces prochaines années
à vivre un tournant de son histoire. (apic/com/mp)