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    Genève : rencontre avec le journaliste palestinien Hanna Siniora (231189)

    "L’unité nationale prime sur l’intégrisme islamique"

    Genève, 23novembre(APIC/Angelica Roget) Face à la montée de l’intégrisme

    islamique chez les Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie et

    de Gaza - illustrée notamment par le développement du mouvement "Hamas" -,

    "c’est l’unité nationale qui a primé", a déclaré à l’agence APIC Hanna Siniora, responsable du quotidien palestinien de Jérusalem-Est "Al Fajr", un

    journal souvent censuré par les Israéliens et dont plusieurs journalistes

    connaissent bien les geôles israéliennes.

    Présent ces jours-ci à Genève dans le cadre d’une réunion à huis-clos

    sur le Proche-Orient organisée par le Conseil l’Internationale socialiste

    et à laquelle participent des personnalités palestiniennes et israéliennes

    (membres du parti travailliste et du Mapam), cet intellectuel chrétien - il

    est issu d’une famille de notables chrétiens de Jérusalem - estime que

    depuis le début de l’insurrection palestinienne, il y a tout juste deux

    ans, 800 Palestiniens ont déjà été tués, 50’000 blessés et 18’000 encore

    détenus actuellement par Israël.

    Activistes "à liquider"

    Hanna Siniora affirme que la situation a même empiré ces derniers mois :

    les Israéliens commencent, en effet, à "liquider" les activistes de l’intifada. Plusieurs cas de personnes "arrêtées et exécutées" ont été signalés à

    Gaza, Hébron, Ramallah et Naplouse. H. Siniora déclare qu’il y a déjà une

    vingtaine de cas de ce genre. Les autorités israéliennes des territoires

    occupés, poursuit-il, détiennent une liste comportant 700 noms d’activistes

    de l’intifada.

    Les Universités sont fermées pour la troisième année consécutive,

    relève-t-il, et chaque jour, il y a un ou deux morts et une vingtaine de

    blessés. Plus de mille maisons de gens considérés comme des activistes ont

    été détruites par les Israéliens depuis le début de l’insurrection.

    Poursuivre sur la voie de la non-violence

    Malgré la dureté de la situation, Hanna Siniora estime qu’il faut continuer sur la voie de la non-violence et notamment adopter les méthodes de

    désobéissance civile, comme l’ont fait les habitants chrétiens de Beit Sahour, près de Bethléem, qui ont refusé de payer à l’occupant des taxes considérées comme "punitives" et "exhorbitantes" même par les dirigeants des

    Eglises de Jérusalem. Ainsi, à la fin de décembre, une grande marche de la

    paix va avoir lieu à Jérusalem, organisée conjointement par des Palestiniens et des Israéliens de mouvements tels que "La paix maintenant" ainsi

    que par des organisations européennes.

    Concernant l’influence croissante des intégristes musulmans, Hanna Siniora affirme que ce qui prime, c’est l’unité nationale, bien que les intégristes islamiques soient présents parmi les Palestiniens à l’instar des

    autres pays arabes. Mais, souligne-t-il, il y a une coordination et une unité dans la lutte contre l’occupation. Ce que veulent les Palestiniens,

    c’est aboutir à une conférence internationale sur la Palestine, avec les

    cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, les pays de la région, Israël

    et l’OLP.

    "En attendant, nous sommes prêts à une rencontre officielle entre les

    deux parties : les Israéliens d’une part et l’OLP de l’autre : plus de 90 %

    des Palestiniens reconnaissent en effet l’OLP comme leur représentant légitime, affirme-t-il. Il souhaite également la présence des Etats-Unis et de

    l’Union soviétique à la table des négociations. Mais, regrette-il, la situation est bloquée, car le premier ministre israélien Ithzak Shamir a déclaré aussi bien à Washington qu’à Paris ou à Rome qu’Israël n’avait pas

    l’intention de rendre les territoires occupés. Les élections proposées dans

    le plan Shamir, affirme-t-il, ne sont en définitive qu’un prétexte pour

    gagner du temps.

    Le drame libanais

    Qualifiant la situation libanaise de "dramatique", Hanna Siniora estime

    que la présence militaire israélienne dans le sud du pays ajoute encore à

    l’insécurité et à l’instabilité du Liban et empêche d’établir un gouvernement d’union nationale. Tant que les Israéliens resteront au Sud Liban, déclare le journaliste palestinien, "la Syrie ne partira pas." Avec

    l’assassinat du président Moawad, déplore l’intellectuel chrétien, tous les

    efforts de paix viennent brutalement d’être anéantis. (apic/ar/be)

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