Genève: réflexion sur la mission des évêques et des théologiens (100690)
Genève, 10juin(APIC) Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse de
Lausanne, Genève et Fribourg, a tenu jeudi soir une conférence sur "Evêques
et théologiens: quelle mission spécifique dans l’annonce de l’Evangile ?"
Un thème d’actualité, dont il a été abondamment question lors de la Déclaration de Cologne et qui revient lorsque l’on évoque la théologie de la libération. Mgr Grab a dégagé les spécificités de la mission de chacun ainsi
que les points de rencontre et de conflit.
Invité par le Centre Catholique d’études, l’évêque auxiliaire a d’abord
traité de la figure du théologien. Ce dernier est un fidèle comme les autres qui vit sa pratique dans la communion de l’Eglise. L’Eglise et la Parole de Dieu sont des normes concrètes pour lui et il ne peut y avoir de
théologien hors de l’Eglise. Si l’évêque et le théologien sont au service
de la Parole de Dieu, chacun a des responsabilités propres. Le premier possède un charisme sacramentel que ne possède pas le second. Le théologien,
s’il est un spécialiste, reçoit une mission canonique.
Respect, estime et amour
Les évêques doivent avant tout prêcher, être des pasteurs, tout en étant
"des docteurs authentiques". Toutefois, ils ne doivent pas remplacer les
théologiens, qui sont leurs "fidèles collaborateurs".
A propos des limites que le magistère pourrait fixer aux théologiens,
Mgr Grab a cité en exemple la réaction du Père de Lubac qui, après avoir
été interdit d’enseignement, a continué à travailler, à préparer ses
oeuvres sans amertume et sans le sentiment d’être une victime.
En fait, a précisé l’évêque auxiliaire, si l’on fixe une limite
ecclésiale à la liberté universitaire du théologien, cette dernière n’est
pas obligatoirement violée aussi longtemps que toutes les personnes
concernées respectent la foi. C’est justement ce respect, cette estime, cet
amour qui font l’originalité du rapport entre les évêques et les
théologiens, car l’enseignement théologique "n’est pas seulement
communication, mais aussi communion".
Mgr Grab a souligné en conclusion la nécessaire complémentarité de
l’évêque et du théologien, leur estime réciproque, le rôle du dialogue
théologique dans une société médiatisée, le droit du public à être informé,
l’enrichissement que peuvent représenter les débats pour l’Eglise et, enfin, le fait que "toute parole d’évêque n’est pas infaillible et que celle
du théologien n’est pas définitive". (apic/pp/cor)