Genève, 4novembre(APIC) Une conférence de presse s’est tenue mercredi 4
novembre à Genève, pour faire le point sur la situation au Salvador après
l’assassinat, le 26 octobre dernier, d’Herbert Anaya Sanabria, président de
la Commission des Droits de l’homme du Salvador. Sylvain de Pury, président
de la section suisse de l’Association Internationale Contre la Torture
(AICT), a exprimé son point de vue.
Pour lui, l’assassinat d’herbert Anaya Sanabria a été provoqué sciemment
par l’armée. Il y a tout lieu de croire, estime-t-il, que malgré les apparences d’une démocratisation, les violations des droits de l’homme ont continué. Le retour des Escadrons de la mort le confirme.
Chantal Bianchi, la compagne de Maurice Demierre, qui s’est rendue au
Salvador au début de l’année, a cité les chiffres de la Commission des
Droits de l’Homme du Salvador (CDHES) : plus de 1821 assassinats et 213
disparitions (dont 66 mineurs), 619 prisonniers politiques dont 55 femmes
depuis le début de 1987. Depuis 1981 60’000 personnes sont mortes au Salvador et près de 7’000 ont disparu. 500’000 personnes ont été déplacées. Selon elle, Herbert Anaya Sanabria savait ce qui allait lui arriver : "La
prochaine fois je serai assassiné" disait-il. Chantal Bianchi estime que
l’aide du gouvernement américain - qui s’élève à 75 millions de dollars
pour 1987 - "finance une guerre dont les victimes sont principalement des
civils".
Au Salvador, c’est la Commission gouvernementale des Droits de l’Homme,
présidée par Mgr René Revelo, évêque de Santa Ana, qui est chargée d’appliquer le plan de paix signé à Guatemala-City le 7 août dernier par les cinq
présidents d’Amérique centrale. Cela surprend l’Union des syndicats du canton de genève (USCG) et au Syndicat Interprofessionnel des Travailleurs
(SIT) : "Nous n’avons pas connaissance d’une prise de position de cette
Commission au sujet de l’assassinat d’Herbert Anaya" remarquent-ils. Selon
les communautés de base au Salvador, Mgr Revelo serait connu pour avoir
publié en 1980 une liste de prêtres dits "subversifs", dont beaucoup auraient été tués par les Escadrons de la mort. (apic/ar/cor)