Table ronde organisée par le Centre social protestant
Genève, 20mai(APIC) "Quelle politique sociale pour Genève ?": tel était
le thème de la table ronde organisée jeudi 16 mai par le Centre social protestant (CSP) à Genève. L’occasion pour les participants de s’interroger
sur le vieillissement de la population et la précarité croissante dans la
société moderne et de proposer des solutions à long terme. Le débat rassemblait le conseiller d’Etat et président du Département de la prévoyance sociale et de la santé publique du canton de Genève, Guy-Olivier Segond,
trois députés au Grand Conseil et le directeur du CSP, Dominique Lang.
Guy-Olivier Segond a d’abord décrit le phénomène de la pauvreté, en particulier les formes nouvelles qu’elle revêt: celle des personnes âgées, des
femmes divorcées en charge d’enfants, des jeunes. Une pauvreté, a précisé
le président du Département de la prévoyance sociale et de la santé publique du canton de Genève, due au mode de croissance et à la mobilité de
l’emploi, qui rend précaire le revenu. Parmi les solutions avancées par
certains - partis écologiste et socialiste notamment -, le revenu minimum
social ne satisfait pas le conseiller d’Etat, qui estime que la dépendance
s’en trouvera accrue. Il préfère s’en tenir à la politique de son Département, celle de l’allocation minimale d’insertion.
Développer des réseaux de solidarité
Martine Brunschwig Graf, députée libérale au Grand Conseil, a plaidé
pour une simplification de l’aide, dénonçant la "machine sociale" anonyme
qui a poussé les gens à se désolidariser. Sans sous-estimer le rôle de
l’Etat et des communes dans le domaine social, elle a souligné que l’engagement de bénévoles est une piste pour l’avenir, le canton de Genève dépensant en matière de prévoyance sociale 2’122 francs par habitant et par année, soit le double des autres cantons.
Andreas November, député écologiste au Grand Conseil, a dénoncé l’exclusion des pauvres de la vie sociale et formulé quelques idées pour combattre
le clivage dont ils sont victimes, notamment en développant des réseaux de
solidarité pour compléter l’aide publique. En outre, pour aider les marginaux à réintégrer le tissu social, le parti écologiste genevois (PEG) propose un revenu minimum social d’insertion.
Complémentaire de la motion déposée par le PEG, le projet socialiste
d’allocation d’insertion a été présenté par Alain Sauvin, député socialiste
au Grand Conseil et travailleur social. Une formule souple qui faciliterait
la réintégration des marginaux dans la vie sociale, a-t-il expliqué.
Le directeur du CSP, Dominique Lang, a quant à lui montré la spécificité
du rôle des institutions privées, en particulier celui de détecter les problématiques sociales et d’y apporter des réponses plus qualitatives que ne
peut le faire l’Etat. Il a évoqué deux programmes mis au point par le CSP:
un groupe d’accompagnement à domicile des malades en fin de vie, créé en
1982, et qui rencontre un succès croissant; un atelier d’occupation pour
les personnes exclues du monde du travail en raison de leur comportement
social. L’indépendance, la souplesse, la rapidité et les coûts moins élevés
des institutions sociales privées les rendent essentielles et complémentaires au secteur public, a conclu Dominique Lang. (apic/sr/cor)