Genève: prochain Comité central du COE (120991)
Genève: La première session ordinaire du nouveau Comité central du Conseil
oecuménique des Eglises (COE) après l’Assemblée de Canberra (Australie) aura lieu à Genève du 20 au 27 septembre. A l’ordre du jour de cette réunion
figure entre autres l’examen d’une déclaration oecuménique sur la vie économique mondiale. Dans un document préparatif à cette rencontre, le COE affirme la nécessité d’appliquer l’esprit et l’enseigement du Christ à la vie
économique et aux relations professionnelles. Face à la situation défavorable des économies des pays en développement, il invite également les
Eglises à se repentir du rôle qu’elles ont joué par le passé dans la société. Le document rappelle en outre que la chute des régimes à économie dirigée d’Europe centrale et d’Europe de l’Est ne devrait pas faire oublier que
ces régimes ont été une libération pour les gens ordinaires, pour les ouvriers et les paysans.
Le projet du document qui sera la base des discussions a été distribué à
tous les membres du Comité. Intitulé "L’économie, une question de foi: déclaration oecuménique sur la vie économique", le document servira de guide
au débat oecuménique sur les questions économiques. Il sera également discuté lors de la réunion du Comité central de l’an prochain. Dans son introduction, le document précise que "les questions économiques sont des questions oecuméniques; les dimensions économiques de la vie touchent toute la
terre habitée, l’oikoumene". C’est pourquoi, ajoute le document, le mouvement oecuménique a toujours eu à son ordre du jour les questions économiques".
Faisant l’historique de l’engagement de l’Eglise dans le domaine
économique, le document souligne que "dès le début du débat oecuménique, un
consensus s’est dégagé: la foi chrétienne n’est pas séparable de l’économie". La Conférence mondiale du Christianisme pratique, qui s’était tenue à
Stockholm en 1925, avait insisté sur "la nécessité d’appliquer l’esprit et
l’enseignement du Christ à la vie économique et aux relations professionnelles..." et avait affirmé avec force que "l’Evangile vaut pour tous les
domaines de la vie".
"Aujourd’hui, dans les années 1990, le débat oecuménique sur l’économie
se heurte à des questions et à des problèmes nouveaux. La chute des régimes
à économie dirigée d’Europe centrale et d’Europe de l’Est et la présumée
victoire des économies de marché exigent que l’on repense les idées anciennes". Or, rappelle le document, l’échec de ce système ne devrait pas faire
oublier "que ces régimes ont aussi à leur actif certaines réalisations.
Dans bien des cas, les révolutions socialistes du XXe siècle ont été une
libération pour les gens ordinaires, pour les ouvriers et les paysans. La
plupart des régimes socialistes ont réussi à réduire considérablement la
misère et à se rapprocher du plein emploi, en ce sens que la plupart des
demandeurs d’emploi pouvaient en obtenir un".
Le projet de déclaration analyse "l’un des traits les plus frappants et
troublants de l’économie mondiale", à savoir "l’écart de plus en plus grand
que l’on constate entre riches et pauvres, tant à l’échelle internationale
qu’à l’intérieur d’un même pays". En Afrique, au sud du Sahara, le revenu
moyen par habitant a baissé de près de 20% entre 1980 et 1988. Dans
certains pays d’Amérique latine, la chute est encore plus forte. "A
l’échelle mondiale, comme à l’intérieur de nombreux pays, nous assistons à
une importante redistribution des revenus des pauvres vers les riches. Au
lieu d’avoir des "retombées" sur les pauvres, la prospérité profite aux riches".
"Les pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, des Caraïbes et du Pacifique doivent actuellement quelque 1’300 milliards de dollars aux banques
et aux gouvernements occidentaux ainsi qu’aux institutions financières internationales", précise le document qui demande de "ne pas considérer l’endettement comme une crise isolée. Les inégalités structurelles et les
rapports de force sont la clé qui permettent de comprendre et de régler
cette crise".
Le texte se termine par une mise en garde: "Il est arrivé et il arrive
encore trop souvent que les Eglises s’identifient aux systémes d’économie
politique en vigueur ou fassent partie des forces qui la font fonctionner.
Aussi doivent-elles commencer par se repentir du rôle qu’elles ont joué par
le passé dans la société et s’efforcer de se libérer de leur propre histoire". (apic/spp/sjb).