Pour une révolution éthique à l’aube du troisième millénaire
Genève, 30septembre(APIC) Le mouvement "Genève autrement" a fait sa première apparition publique samedi 29 septembre au parc Gourgas, à Genève:
une journée placée sous le signe de la rencontre avec les habitants de la
cité de Calvin et marquée par des débats, du théâtre, de la danse et de la
musique. Elle a vu la participation de plusieurs centaines de personnes. Le
groupement genevois, dont les débuts remontent à 1988 et qui compte aujourd’hui une trentaine de membres actifs et quelques centaines de sympathisants, place l’homme au centre de sa réflexion et de son action. Il en
appelle à une révolution éthique afin de préparer un troisième millénaire
différent.
La journée de samedi était caractérisée par une atmosphère de convivialité significative de la volonté de changement du mouvement: visages détendus, souriants, gens se parlant avec facilité, enfants occupés à des jeux
divers. La fête se déroulait en trois lieux distincts: débats publics, coin
discussion et endroit de détente et d’information. Les débats, au rythme
d’un par heure, ont connu une affluence régulière, notamment ceux consacrés
à "Utiliser autrement" et "L’autre autrement". Dans la tente réservée à la
détente et à l’information se dressaient les stands d’une dizaine d’organisations comme Caritas, le Groupe pour une Suisse sans armée, les Femmes
pour la paix et Magasins du monde.
Partir d’un regard critique sur la société contemporaine
Début septembre 1988, Pierre Dufresne, rédacteur en chef du quotidien
genevois "Le Courrier" signait un éditorial au titre emblématique: "Un
grand dessein pour Genève. Allez, on essaie ?" Un appel lancé aux lecteurs
souhaitant l’éclosion d’un "humanisme pour notre temps" en réaction à une
"dégradation éthique" toujours plus marquée dans la société.
Dans plusieurs articles, Pierre Dufresne dressait un bilan critique de
l’état de la société contemporaine et en appelait à un sursaut. Il dessinait ensuite les contours du projet de "Genève autrement". Ce mouvement
part d’une analyse critique de la société pour en souligner les problèmes:
isolement humain et vide spirituel, manipulation des esprits et conditionnement des comportements, argent sale et spéculation financière, vie précaire des saisonniers et des réfugiés, rareté et cherté des logements,
destruction de l’environnement et dégradation de la qualité de la vie dans
la cité, autant de questions qui le préoccupent. "Genève autrement" se penche aussi sur les problèmes liés plus directement au comportement: absence
de références, obsession de la possession, primauté de l’avoir sur l’être,
désaffection civique. Ses membres, "affectés par ces maux et solidaires de
ceux qui souffrent", veulent oeuvrer à la création d’une société nouvelle,
marquée par "plus d’humanité et plus d’éthique".
Coordonner et inspirer des initiatives originales
Pour mener à bien son projet, "Genève autrement" part des éléments qui,
dans la vie genevoise, vont dans le même sens: un humanisme toujours présent, des racines chrétiennes et libérales (au sens théorique du terme), un
intérêt croissant pour la préservation de l’environnement, un affaiblissement des idéologies et du sectarisme et le développement de la vie associative notamment.
"Genève autrement" veut coordonner et inspirer des initiatives originales qui associent divers mouvements, organismes et associations qui souvent
agissent isolément. Cela sans tomber dans la politique traditionnelle. Il
n’est pas question, affirme l’un de ses animateurs, Raymond de Morawitz,
que "Genève autrement" prenne position lors d’élections ou lance des
initiatives populaires. Il veut en revanche stimuler et inviter les partis
politiques à la réflexion. (apic/pp/cor)