table ronde sur "Etre prêtre aujourd’hui"
Genève, 22novembre(APIC) Quelle est l’identité d’un prêtre aujourd’hui?
Telle était la question posée aux abbés Fernand Emonet, Marc-Louis Passera
et aux Pères Marie-Alain d’Avout, de la communauté de St-Jean, et Charles
Morerod, OP, au débat organisé, lundi 21 au soir à Genève, par le Centre
catholique d’Etudes. Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, était également présent.
Dans un premier temps, les invités ont tenté de définir l’identité du
prêtre et ses activités. En introduction au débat, on a diffusé un extrait
d’une homélie de Jean-Paul II, lors de sa visite en Suisse, qui
caractérisait, entre autres, le prêtre comme "le gardien de la rectitude
des consciences, guide du prochain, ministre du sacrement".
Tous ont mit l’accent sur l’eucharistie, les sacrements, le service à la
communauté. L’abbé Emonet a affirmé être particulièrement sensible à
certaines idées exprimées dans l’homélie du pape telles "la continuité du
ministère, l’introduction dans la Rédemption accomplie par le Christ, le
prêtre comme frère, le Christ comme seul prêtre".
L’abbé Passera a insisté sur la nécessaire disponibilité à Dieu, aux
hommes. Sur la complémentarité des uns et des autres (prêtre dans le milieu
ouvrier ou prêtre professeur). "Il s’agit d’être présent auprès des jeunes,
des malades, des mourants et aussi de ceux qui sont éloignés de l’Eglise".
L’Abbé Emonet a en outre mis en évidence le rôle du prêtre dans le ministère de l’unité et corresponsable des laïcs dans la construction du
corps ecclésial.
Sacrement de l’ordre et prière
A propos du sacrement de l’ordre, le Père d’Avout a rappelé l’importance
de la vocation, de l’appel. Quant au Père Charles Morerod, il a souligné
que l’on reçoit la grâce pour soi, mais surtout pour agir dans l’Eglise,
"ce qu’on peut apporter est plus important que ce qu’on reçoit".
Tous ont reconnu le rôle très important de la prière sous ses trois formes : individuelle, liturgique et communautaire. Il est clair que cette
dernière forme joue surtout pour les membres des congrégations. L’Abbé Emonet citant le cardinal Marty a affirmé : "La prière n’est pas le contrepoids de l’action, mais elle en est le poids."
Sur le lien prêtre et évêque, on a rappelé que l’évêque doit être un
frère, un ami et doit consulter et être à l’écoute des prêtres. Ces
derniers, lui doivent obéissance et attachement. "Il n’y a pas d’Eglise, ou
il n’y a pas d’évêque" a ajouté le Père Morerod.
Dans sa conclusion, Mgr Grab a souligné la diversité actuelle des ministères sacerdotaux. En outre, il s’est réjoui de voir un certain enthousiasme pour la tradition et que le prêtre ait moins de difficultés qu’il y
a 20 ans par rapport à son identité. Sur le lien prêtre, laïc, Eglise, il a
insisté sur le fait que l’on ne peut se constituer en Eglise, "c’est le
Christ qui appelle". Si le prêtre est comme tout chrétien un baptisé, il a
une mission précise, parce que "in persona Christi", il convoque l’Eglise,
"il se trouve en face." (apic/pp/bd)