Les Genevois ont boudé les manifestations
Genève, 2octobre(APIC) Les "journées portes ouvertes" au Conseil oecuménique des Eglises (COE) à l’occasion de son 40ème anniversaire, ont commencé vendredi par une allocution du secrétaire général du COE, le pasteur
Emilio Castro. Samedi, c’est également Emilio Castro qui a présidé le culte
de clôture de ces manifestations. Force est de constater que le public genevois a été le grand absent, malgré le fait que le Rassemblement genevois
des Eglises et communautés chrétiennes soit au nombre des organisateurs.
C’est peut-être le reflet du manque de liens entre le COE et les Eglises
locales auquel faisait allusion Guy-Olivier Segond, maire de Genève, lors
de son allocution de vendredi.
La journée de samedi a débuté par une nouvelle allocution d’Emilio Castro. Il a repris l’essentiel des thèmes abordés vendredi. La nécessité de
l’unité, les axes autour desquels elle peut se développer, l’importance de
la prière comme centre de l’identité du COE.
Par la suite, les participants ont été invités à une série de forums.
Anna Karin, responsable au COE de la décennie des femmes 88-97, a dénoncé
l’exclusion des femmes de toute décision politique et économique. "Elles
sont confinées aux tâches ménagères". "Il faut tendre à un partage des responsabilités", a-t-elle renchéri, mais elle reconnaît qu’il est difficile
de concilier famille, enfants et responsabilités sociales.
Par rapport à l’Eglise, on a souligné l’exclusion des femmes de l’ordination, tout au moins en ce qui concerne l’Eglise catholique romaine. "Mais
même comme femme pasteur, j’ai dû subir l’ostracisme des hommes, a affirmé
Anna Karin; nous devons aborder ouvertement ce sujet et non pas nous réfugier dans le silence".
Dans le forum sur les réfugiés, on a mis l’accent sur les trois directions dans lesquelles travaille le COE : service réfugiés, catastrophes naturelles, projets de développement. Le 41 % du budget du Conseil est consacré à ce secteur. Face aux 15 millions de réfugiés recensés par le HCR,
trois solutions s’offrent à première vue : retour dans le pays d’origine,
réinstallation dans des pays tiers, statut de réfugié dans un pays d’accueil. Pour les animateurs du forum, la solution préférable semble être le
maintien dans la région d’origine pour éviter une rupture culturelle. Enfin, par rapport à la Suisse, le COE s’est déclaré impuissant à intervenir
concrètement, par exemple, à propos des réfugiés qui arrivent à GenèveCointrin. (apic/pp/be)