Craintes devant l’ouverture prochaine du "Grand marché européen"
Genève, 22février(APIC) L’ouverture prochaine du "Grand marché européen"
suscite des craintes. A l’approche de ce Grand marché, un colloque sur les
nouvelles pauvretés en Europe s’est tenu les 21 et 22 février au Centre
Cartigny, près de Genève, Organisé par la CESEAR (Commission d’entraide et
de service des Eglises et d’assistance aux réfugiés), il a vu la participation de représentants des differentes Eglises protestantes d’Europe.
A l’issue de ce colloque, l’agence APIC a rencontré Uffe Gjerding, du
Service d’entraide du Concile des Eglises danoises. Il a expliqué l’objectif de cette réunion qui était d’examiner quelles propositions peuvent être
avancées par les Eglises protestantes face à cette Europe de demain.
Selon Uffe Gjerding, une nouvelle pauvreté s’installe dans les pays
d’Europe, tant le Sud que dans le Nord: "Je crains, dit-il, que l’ouverture
du Grand marché européen en 1992, par l’accentuation de la concurrence, ne
fasse qu’amplifier ce phénomène. Cette tendance est visible aussi dans les
pays de l’Est". Et de se demander si ces pays ne vont pas être utilisés
comme réservoir de main-d’oeuvre à bon marché.
Alors que dans les années 1960-70, le Marché commun avait largement profité aux économies des pays du Sud de l’Europe, estime le représentant danois, cela n’est plus le cas aujourd’hui. Dès lors, ajoute-t-il en faisant
remarquer que les pays européens les plus riches ne s’ocupent pas des plus
défavorisés, se pose la question du rôle des Eglises protestantes pour favoriser un développement harmonieux des économies européennes. Selon lui,
"il n’est pas question pour elles d’avancer des programmes économiques et
sociaux concrets. Leur rôle se limite à des propositions d’ordre éthique
pour favoriser un développement qui corresponde aux besoins réels des hommes. Il s’agira, poursuit-il, de penser, après l’échec patent des économies
communistes et les difficultés que traversent les économies occidentales, à
une troisième voie possible.
S’exprimant à propos des Eglises protestantes dans les pays du sud, Uffe
Gjerding relève qu’en tant q’Eglises minoritaires, elles sont souvent négligées. En outre, conlut-il, "leurs rapports avec la hiérarchie de l’Eglise catholique romaine sont loin d’être simples... L’existence de forts partis démocrates-chrétien, liés à l’Eglise catholique ne leur facilite pas
la tâche". (apic/pp/pr)