Genève: Nelson Mandela reçu à l’OIT (080690)
n’appliquait aucune sanction économique envers l’Afrique du Sud
Genève, 8juin(APIC) Le leader de l’ANC Nelson Mandela a été reçu vendredi
à Genève par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Arrivé de Paris, le vice-président du Congrès National Africain, qui effectue actuellement une visite dans plusieurs pays européens, avait auparavant donné une
conférence de presse au cours de laquelle il devait déclarer que "l’Eglise
est et a été une force très importante dans la lutte contre l’apartheid".
Surprise pour le leader noir de la lutte anti-apartheid: il ignorait que la
Suisse n’appliquait aucune sanction économique envers l’Afrique du Sud.
Rappelant devant les 2’000 délégués qui participent à la conférence annuelle de l’OIT le rôle joué dans la lutte contre l’apartheid par l’archevêque Desmond Tutu et par beaucoup d’autres membres des Eglises d’Afrique
du Sud, Nelson Mandela a en outre déclaré: "Le Conseil africain des Eglises
a réussi à ébranler ce système qu’il avait qualifié de "bête immonde contre
laquelle il fallait établir un plan visant à l’empêcher de resurgir".
"Les temps ont changé, a dit le leader noir, avant d’évoquer l’arrogance
des fondateurs de l’apartheid au moment de sa mise en place il y a 42 ans,
"convaincus qu’ils étaient les élus du Seigneur, ils écrasaient tout sur
leur passage".
Mis à part cette allusion, Nelson Mandela a fait un discours très mesuré; il a déclaré être convaincu que le président Frederik de Klerk et ses
collaborateurs étaient des hommes intègres qui allaient respecter leurs
promesses. Remerciant l’OIT pour son engagement (près de 30 ans de démarches et de rapports anti-apartheid), Nelson Mandela a relevé que cette instance est "la plus représentative au sein des Nations Unies dans la lutte
anti-apartheid".
Pour l’ancien prisonnier des geôles sud-africaines, cela ne fait pas
l’ombre d’un doute: "Il faut continuer à appliquer les sanctions économiques, seul moyen de parvenir à notre objectif".
Surprise de taille pour Nelson Mandela avant de rencontrer à Berne les
autorités suisses: le leader noir ignorait que la Suisse n’appliquait aucune sanction économique envers l’Afrique du Sud. Informé par une journaliste, l’ex-ennemi numéro un du régime de Prétoria a répondu: "Nous ne le savions pas, mais nous savons que le peuple suisse nous a appuyé dans notre
lutte et cela nous suffit". (apic/ar/pr)