Genève: lettre ouverte à Jean-Paul II
Genève, 4octobre(APIC) Dans une lettre ouverte adressée à Jean Paul II le
1er octobre, la Commission tiers monde de l’Eglise catholique de Genève
(COTMEC) et le mouvement catholique pour la paix Pax Christi de Suisse romande demandent au pape de rompre le silence sur la situation en Haïti et
de clarifier les rapports entre le Saint-Siège et le gouvernement en place
à Port-au Prince. Le Vatican est le seul état à avoir reconnu ’de facto’ le
gouvernement actuel par l’envoi d’un nonce apostolique. Le pape ne saurait
rester silencieux lors de son voyage à St-Domingue, estiment les organisations.
Plus de 500 personnes avaient déjà signé le 30 septembre à Fribourg,
deux lettres ouvertes, la première adressée au général Raul Cédras, chef
des forces armées, la seconde à la Conférence des évêques d’Haïti.
La lettre écrite au pape rapelle d’abord le témoignage de Mgr Willy Romélus, évêque de Jérémie, lors de sa visite en Suisse en septembre. "Il
condamne clairement le coup d’Etat sanglant qui a frappé le pays il y a
tout juste un an. Avec la Commission Justice et paix qu’il préside, il dénonce régulièrement les violences et s’engage fermement en faveur d’une démocratie digne de ce nom". Mgr Romélus a d’ailleurs été victime de la répression policière lors de son retour en Haïti et a échappé de peu à un attentat.
Il est un scandale qui ne cesse de nous révolter, indiquent les organisation. "Les représentants du pouvoir et des forces de l’ordre, les médias
contrôlés par le gouvernment laissent entendre que les plus hautes autorités morales de l’Eglise catholique désavouent ceux qui s’opposent aux autorités en place à Port-au-Prince. Il ne fait pas de doute que le silence des
évêques haïtiens et du Vatican, à propos des violences commises par le pouvoir issu du coup d’Etat, prêtent du poids à ces interprétations". La présentation des lettres de créance par le Nonce apostolique a été célébrée
comme une "bénédiction" et un encouragement à faire rentrer dans le rang
les chrétiens qui refusent de se taire, explique le document.
"Nous vous demandons (...) de dénoncer au plus vite et publiquement la
violence de l’Etat putchiste en Haïti et d’affirmer clairement votre soutien à Mgr Willy Romélus, gravement menacé dans sa vie", écrivent les organisations.
La COTMEC et Pax Christi concluent que "le cas haïtien a valeur de symbole dans le monde entier, car s’y joue la crédibilité d’une Eglise qui affirme au nom de l’Evangile la dignité de tout être humain, créé à l’image
de Dieu, et la liberté des peuples à définir eux-mêmes leur avenir". (apiccom/mp)