Genève : les visiteurs affluent à Tamié (030388)
Genève, 3mars(APIC) Au coeur de la Savoie, entre Albertville et Annecy,
se dresse l’abbaye de Tamié. Occupée par une quarantaine de moines trappistes-cisterciens, elle attire chaque année environ 100’000 visiteurs, dont
de nombreux Genevois, et une vingtaine de retraitants par jour. Cette
affluence pose problème. Comment en effet concilier la vocation monacale silence, prière, travail - et l’accueil des visiteurs ? Pour permettre un
équilibre entre ces deux exigences contradictoires, les moines de Tamié envisagent un nouvel aménagement des lieux.
Alors qu’il y a quelques mois, les moines de l’abbaye de Hautecombe,
près du lac du Bourget, ont envisagé de partir pour les mêmes raisons, ceux
de Tamié optent plutôt pour une réorganisation des abords de l’abbaye. Ils
veulent développer et agrandir l’espace d’accueil qui se trouve à l’entrée,
à 300 m de l’abbaye. Le bâtiment comprendra un hall de rencontre et
d’exposition, un magasin, une salle pour la présentation de montages
audio-visuels sur la vie des moines. Des chambres seront aussi aménagées
dans les combles du monastère et à côté dans une petite maison.
Ce réaménagement permettrait à la fois d’accueillir les nombreux visiteurs et de garantir la tranquillité nécessaire à la vie des trappistes.
Mais qui dit travaux de restructuration dit besoin de capitaux. Avec l’aide
de l’association "Saint-Pierre de Tarentaise", les moines prévoient trois
modes de financement : les ressources provenant de leur travail, les dons,
des emprunts.
Un peu d’histoire
Installée depuis 1132 dans le site de Tamié, à l’écart de la route des
hommes, l’abbaye a connu plusieurs phases de développement. Après l’âge
d’or cistercien, le monastère vit une période de décadence dans la seconde
moitié du XIVème siècle. A la fin du XVIIème, les moines adoptent la
réforme trappiste. Après les difficultés causées par la Révolution
française, époque ou les moines doivent s’enfuir de Tamié, le monastère
connaît de 1860 à 1925 une période de stagnation.
Ce n’est vraiment que depuis une quinzaine d’années que la vie monastique est de nouveau florissante. Plus de 25 jeunes sont entrés à Tamié depuis 1975. La moitié de la communauté est encore en formation.
Le fromage
L’économie de l’abbaye repose sur une petite industrie fromagère. On fabrique de la tomme, le "Tamié". Cette production garantit aux moines une
partie de leurs ressources régulières et facilite aussi le maintien d’une
agriculture de montagne. Mais ces revenus ne permettent bien évidemment pas
de faire face aux investissements nécessaires pour les travaux de restructuration. D’ou l’appel lancé au public et donc aux Genevois, qui sont
nombreux à se rendre à Tamié. (apic/pp/be)