Genève: les Organisations Internationales Catholiques en session (211090)
Genève, 21octobre(APIC) Le Centre d’information des OIC (Organisations
Internationales Catholiques) a organisé du 17 au 19 octobre à Genève une
session de formation consacrée aux "Réalités internationales". Parmi les
points forts de ces journées figuraient notamment une table ronde à propos
des "Géométries internationales" et une intervention sur les futurs enjeux
mondiaux et l’ONU. Mgr Mullor Garcia, de la Mission permanente du SaintSiège auprès des Organisations internationales, a pris part à cette rencontre.
La table ronde sur les "Géométries internationales" a porté sur le nouveau contexte politique international provoqué par l’effondrement des régimes communistes; la fin de la guerre froide, et la notion de sécurité collective défendue par l’ONU. Pierre de Senarclens, professeur à l’Université
de Lausanne, a montré comment l’ONU, par rapport à la notion de responsabilité collective, en est arrivée aujourd’hui à proposer à nouveau le projet
qu’elle avait à son origine. En fait, a-t-il dit, cela revient à accorder
aux grandes puissances la responsabilité de l’établissement d’un certain
ordre international.
La question qui se pose dès lors, selon le professeur lausannois, est de
savoir si les grandes puissances sont d’accord d’assumer ce rôle et d’appuyer l’ONU dans ce sens, au-delà des questions conjoncturelles. "Je ne
crois pas que les Etats-Unis vont apporter leur soutien permanent aux Nations Unies. L’unité réalisée lors de la crise du Golfe me paraît ponctuelle, on ne retrouvera pas une même unanimité à propos du Liban ou des Territoires occupés", a-t-il expliqué.
Nouvel ordre économique international
A l’origine, la problématique de la sécurité collective comportait aussi
une dimension économique et sociale. Les grandes puissances sont-elles disposées à faire des efforts en vue d’instaurer un nouvel ordre économique
international?
Jacques Royer, économètre à l’ONU, a d’abord souligné que depuis dix ans
la solidarité Nord-Sud est largement bloquée. Les Nations Unies se sont retrouvées dans l’incapacité de tenir une conférence générale sur les relations Nord-Sud. Toutefois, cela ne désespère par Jacques Royer, qui souligne que les jeux ne sont pas encore faits et que beaucoup de choses sont
encore possibles.
Directeur de SOS-Torture, Eric Sottas s’est pour sa part attaché à montrer qu’on ne se trouve plus devant des normes culturelles universelles. Et
que dans ce contexte les Eglises courent le risque d’incarner leur message
dans une culture perçue comme universelle. Dès lors, avance-t-il, "il faut
remettre en cause le modèle religieux. Il ne s’agit plus de partir de
l’idée que l’Evangile donnerait des clefs interprétatives à accepter. Il
faut au contraire admettre que chaque culture a droit à son autonomie". Et
Eric Sottas de conclure: "C’est seulement à partir de cette expérience que
l’on peut redécouvrir le sens de la Révélation". (apic/pp/pr)