Genève: Les grands-parents genevois (170388)
Genève, 17mars(APIC) Sous la dictature militaire en Argentine, plus de
deux-cent enfants en bas âge ont disparus lors de l’arrestation de leurs
parents, ou sont nés dans les camps de concentration. Les parents disparus
ou assassinés, les enfants ont été le plus souvent adoptés par des policiers ou des soldats. Une cinquantaine de grands-parents genevois sont venus écouter le témoignage d’Isabel Mariani et d’Estella Carlotto, grandsmères de la place de Mai. La rencontre était organisée par "Pain pour le
prochain" et "l’action de Carême".
Les grands-mères se sont organisées avec une volonté implacable pour
retrouver leurs petits-enfants: "Comment, se sont interrogées les deux
grands-mères, ces policiers et ces soldats peuvent-ils vivre en voyant chaque jour le visage de cet enfant dont ils ont assassiné et torturé les parents?". Au nombre de douze, il y a dix ans, les grands-mères de la place
de Mai sont maintenant quatre cents. Depuis dix ans, leurs efforts ont permis de retrouver la trace de 45 enfants disparus dont 20 ont pu être rendus
à leurs familles.
Après avoir entendu l’histoire des deux invitées, qui n’ont ni l’une ni
l’autre, retrouvé leurs petits-enfants, des questions ont pu être posées.
Le temps qui passe fait-il diminuer les espoirs? " Non, ont répondu les
deux femmes, les gens parlent facilement en Argentine, nous sommes de plus
en plus nombreuses et expérimentées, l’aide et la conscience des autres
pays s’accroît. Même si nous ne retrouvons pas nos enfants de notre vivant,
nous constituons des banques de données génétiques qui leur permettront de
connaître la vérité plus tard."
Quant au soutien de l’Eglise catholique, les deux femmes ont reconnu
qu’il s’était avéré inexistant en Argentine, contrairement à celui des
Eglises évangéliques: "Nous avons en Argentine une Eglise catholique conservatrice, nos prêtres progressistes ainsi qu’un de nos évêques ont été
assassinés. Aussi, reçevons-nous parfois cette réponse terrible: "Vous
n’avez pas su éduquer vos enfants, comment sauriez-vous vous occuper de vos
petits-enfants?" Les deux femmes ont déploré que le Pape, malgré ses visites répétées ne les ait jamais ni rencontrées ni soutenues: "Cette injustice, seul le Ciel peut en juger!" (apic/mgn/bcy)