Genève : les Eglises demandent des sanctions contre (120988)
Réunion d’urgence sur l’Afrique du Sud
Genève, 12septembre(APIC) Un "plan d’action" prévoyant des sanctions
accrues contre Prétoria a été décidé à l’issue d’une réunion d’urgence des
Eglises sur l’Afrique du Sud lundi 12 septembre au siège du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Genève. Les Eglises devraient augmenter leurs
pressions sur leurs propres gouvernements afin qu’ils prennent des sanctions favorisant l’abolition de l’apartheid. Sont visés notamment les investissements étrangers, la fourniture de pétrole et les liaisons aériennes. Les Eglises ont encore vivement dénoncé le détournement de l’embargo
sur les livraisons d’armes à l’Afrique du Sud.
Cette réunion, réalisée à la demande des Eglises d’Afrique du Sud, survient deux semaines après l’attentat à la bombe qui a dévasté le siège du
Conseil sud-africain des Eglises (SACC). Le pasteur Allan Boesak, président
de l’Alliance réformée mondiale (ARM), a déclaré que "même si le gouvernement sud-africain n’était pas directement responsable de cet attentat, le
climat d’insécurité qu’il entretient explique cette escalade de la violence". Le président de l’ARM participait à la conférence de presse du Conseil
Oecuménique des Eglises en compagnie du pasteur Frank Chikane, secrétaire
général du SACC, et du pasteur morave J. J. Ulster.
Pour Chikane, l’attentat, le plus important jamais perpétré dans le
pays, est l’oeuvre d’un spécialiste et on a voulu atteindre le coeur des
Eglises et de la protestation contre la politique d’apartheid. Il s’est
élevé contre le secret qui couvre l’enquête et contre l’interdiction faite
aux Eglises de se rendre sur les lieux de l’attentat. On a regretté par
ailleurs l’absence de réaction de la Communauté européenne, sans toutefois
s’étonner du silence des Eglises blanches d’Afrique du Sud. Outre les trois
responsables religieux sud-africains, l’ensemble des dirigeants réformés
européens - dont ceux de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) - et américains étaient représentés à la rencontre de lundi au
COE. (apic/pp/be)