Genève: les déclarations du pape en Tchécoslovaquie mises en (260490)
Genève, 26avril(APIC) Les Eglises du continent se préoccupent de l’avenir
de l’Europe. A l’approche du Grand marché européen de 1992 et dans le but
d’évaluer la nouvelle situation en Europe de l’Est, mais aussi de l’Ouest,
les responsables des Eglises européennes (CEE) se sont réunis du 22 au 24
avril au Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève. Aucune résolution
n’a été adoptée par les quelque 150 personnes présentes. Réflexions, critiques contre les récentes déclarations du pape en Tchécoslovaquie et souhaits de dialogue avec l’Eglise catholique ont cependant composé l’essentiel de leurs discussions.
Réunion toute en nuances, en dépit de ce qu’on pouvait en attendre. Tout
au plus a-t-on abordé des thèmes de réflexion en relation avec l’objet de
la rencontre. Les récentes déclarations du pape Jean Paul II lors de son
voyage en Tchécoslovaquie ont en outre été évoquées. Selon les responables
de la CEE, "l’Eglise ne doit pas avoir un rôle de conquérante, mais d’Eglise servante". Un message sans doute transmis au cardinal Carlo Maria Martini, Président du Conseil des Conférences épiscopales européennes, présent à
Genève à l’invitation de la CEE.
La rencontre était organisée par la CEE qui groupe 126 Eglises de tous
les pays d’Europe (orthodoxe, anglicane, luthérienne, méthodiste, réformée,
baptiste et catholique chrétienne), à l’exception de l’Albanie. Les 150 responsables de la CEE, qui à cette occasion ont tenté de répondre à des questions d’ordre politique, économique et social, entendaient faire de cette
rencontre de Genève une première contribution en vue de la future assemblée
de la CEE de septembre 1992.
Quatre thèmes de réflexion se sont dégagés: la nécessité d’un renouveau
spirituel; l’avenir du mouvement oecuménique européen et les risques d’une
dérive nationaliste dans plusieurs régions d’Europe; l’option préférentielle pour les pauvres et les opprimés, choisie par les responsables de la
CEE; l’accent qu’il conviendra de mettre dorénavant sur l’unité des Eglises
européennes, compte tenu que jusqu’à présent l’un des objectifs de la CEE
était d’être un pont entre l’Ouest et l’Est.
S’agissant de la question de l’évangélisation de l’Europe, les responsables de la CEE souhaitent "ardemment" un dialogue avec l’Eglise catholique. Ils espèrent une invitation au prochain synode des évêques, à l’instar
de celle adressée pour cette réunion au cardinal Martini. (apic/pp/pr)