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    Un génocide à huis clos

    Genève: les associations pour le Burundi se mobilisent (241193)

    Comment parler de normalisation alors que l’armée continue à tuer

    Genève, 24novembre(APIC) La Ligue suisse des droits de l’homme de Genève,

    la Commission tiers monde de l’Eglise catholique (COTMEC), l’Association

    SOS démocratie au Burundi et le Comité pour la paix et la démocratie en

    Afrique des Grands Lacs ont dénoncé mercredi à Genève la situation actuelle

    qui prévaut au Burundi, qualifiée de "génocide à huis clos".

    Dans une conférence de presse, dont le but visait à faire part des informations en leur possession sur la gravité des événements au Burundi, les

    responsables de ces organisations contredisent les médias ou autres agences

    de presse qui n’hésitent pas à parler "de normalisation", alors que "l’armée et ses complices continuent à tuer un peu partout dans le pays... suscitant même les affrontements avant d’intervenir".

    Un mois après le putsch militaire qui a "décapité l’Etat et entraîné la

    mort de milliers et de milliers de citoyens et citoyennes du Burundi, dont

    l’exécution du président Ndadaye et l’assassinat de dignitaires du gouvernement, la situation dans ce pays reste fort préoccupante.

    Claude Bossy, membre du Comité pour la paix et la démocratie en Afrique

    des Grands Lacs, a apporté un témoignage personnel. Après les élections de

    juin dernier, il a constaté l’apparition d’une "extraordinaire liberté de

    parole, alors qu’en 1990, le Burundi était encore un pays cassé". Le putsch

    d’octobre dernier "a réduit ce grand rêve à néant". Il souhaite qu’une réconciliation soit favorisée, qu’elle puisse reprendre. C. Bossy y voit deux

    conditions: la vérité doit être dite et les putschistes dénoncés. Aujourd’hui, assure-t-il, "la désinformation est totale... cela doit absolument changer".

    Soutenir le processus démocratique en Afrique

    Deux autres membres de cette même association, Jean-Pierre Gontard et

    Pierre Dufresne, ancien rédateur en chef du "Courrier", ont pour leur part

    insisté sur l’importance de la mise en place du concept de "prévention pour

    la démocratie" en Afrique dans le but de soutenir le processus démocratique

    une fois qu’il est engagé.

    De son côté, le secrétaire de la COTMEC, Dominique Froidevaux, a relevé

    l’urgence d’une aide humanitaire dans les camps de réfugiés. Et souligné la

    nécessité, pour le rétablissement de la paix au Burundi, de la mise en place d’une force d’interposition et d’une instance de justice dans ce pays.

    Quant à Angelo Barampama, membre de SOS démocratie au Burundi - une association créée à la suite du coup d’Etat des 20 et 21 octobre -, il a réfuté les nombreuses informations laissant croire l’idée, à la suite du

    putsch, que le parti au pouvoir, le FRODEBU (Front pour la démocratie au

    Burundi), et la population hutu avaient un plan d’extermination de l’ethnie

    tutsi. Le FRODEBU est assimilé à l’ethnie hutu. Or, a-t-il dit, ce parti

    comprend de nombreux tutsis parmi ses dirigeants et adhérents. "Comment,

    demande A. Barampama, est-il dès lors possible que les membres aient alors

    souscrit à l’extermination d’autres tutsis?"

    Le mal vient de l’armée

    Selon lui, les massacres qui ont eu lieu à la suite du putsch, s’inscrivaient dans un plan bien orchestré par le parti UPRONA, au pouvoir de 1962

    à 1993. Peu avant le coup d’Etat, une série de provocations ont été constatées: incendies, banditisme, profanations de tombes, exécutions sommaires

    de nombreuses personnes, refus d’exécuter les orientations dictées par le

    nouveau régime, refus de remettre aux réfugés qui rentraient leurs propriétés et leurs biens.

    A. Barampama a conclu en affirmant que la faiblesse dont souffre le Burundi se trouve dans l’armée mono-ethnique en place depuis 1972/73. Aujourd’hui, la population comme le gouvernement légal craignent cette armée

    dont les crimes ne sont plus à démontrer. "L’armée manque à son rôle premier, qui est de protéger les institutions". (apic/cg/pr)

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