"L’Eglise ne nous a jamais trahis"
Genève, 15juin(APIC) Ainsi que le constate la deuxième encyclique de Jean
Paul II Laborem exercens, il ne peut pas y avoir de réelle liberté, de démocratie ou de paix sans justice sociale, a déclaré vendredi à Genève le
leader syndicaliste Lech Walesa devant la conférence annuelle de l’OIT. Le
Prix Nobel de la Paix, qui s’était déjà exprimé devant l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en 1981, a par ailleurs relevé qu’il estimait
que jamais autant qu’aujourd’hui la paix et la sécurité n’avaient autant
découlé de l’établissement de la démocratie et de la justice sociale.
Questionné lors de la conférence de presse sur les difficultés actuelles
de la Roumanie, le président de Solidarnosc a fait remarquer que les choses
étaient bien différentes dans son pays. "Il y a en Pologne une unité entre
les Polonais, due principalement au catholicisme et au pape". En cas de
crise, pense Lech Walesa, "il y a possibilité de parvenir, par les voix de
l’Eglise et du pape, à exorter les masses". On peut donc faire patienter
les Polonais dans les moments difficiles qu’ils traversent actuellement
dans la mise en place du système d’économie de marché. "En Pologne, le mécontement social peut être maîtrisé".
Pour lui, il y a en Pologne une sorte de symbiose entre l’Eglise et les
Polonais. "L’Eglise ne nous a jamais trahis. Elle a toujours été à nos
côtés. Nous sommes en quelque sorte des partenaires et sans elle nous
n’existerions même pas". Mais pour l’ancien électricien, cela ne signifie
pas qu’il suffit de prier, il faut aussi travailler. "Car au XXe siècle,
prier c’est travailler".
Questionné par l’agence APIC sur le risque de discrimination des personnes d’autres religions, le leader de Solidarnosc a fait remarquer que les
Polonais ne devaient en aucune manière s’en prendre à d’autres religions,
et qu’il ne fallait pas permettre des manifestations antisémites. La société polonaise doit être pluraliste et toutes les religions doivent pouvoir
s’y côtoyer. "Nous n’avons nullement l’intention de persécuter des citoyens
pour leurs croyances", a-t-il conclu. (apic/ar/pr)