Genève, 17avril(APIC) Trois intervenants ont pris la parole aux Rencontres Médias Nord-Sud ce vendredi 15 avril à Genève. Roger Gaillard, journaliste à l’Hebdo, et le Docteur Dominique Hausser de l’Institut universitaire de médecine préventive et sociale de Lausanne, qui ont traité de l’information sur le sida, et Tom Netter, responsable de l’information de l’OMS
(Organisation Mondiale de la Santé) qui s’est plutot attaché à définir le
rapport entre la presse et l’information difusée par l’organisation internationale.
Le sida, à la différence d’autres catastrophes naturelles (tremblements
de terre, accidents industriels), est une épidémie à évolution lente. Par
conséquent, le journaliste a des possiblités de vérification de l’information. Il peut aussi constituer un certain savoir sur cette maladie. "Cette
première épidémie en direct n’a pas suscité des réactions rapides des journalistes". Ce n’est en effet, selon Roger Gaillard, que 18 mois après sa
découverte que les premiers articles ont été publiés. Cette rétention de
l’information peut s’expliquer peut-être par le fait que les personnes
touchées étaient surtout des marginaux. Cela a nettement changé par la suite.
Toujours selon Roger Gaillard, le journaliste reste dépendant des médecins qui sont les réels spécialistes sur le sujet. Pour le moment, on
constate un certain consensus entre journalistes et spécialistes. "D’une
part, le journaliste peut jouer un rôle d’éducation sur le sida, et d’autre
part, en gardant son esprit critique, il doit se méfier de toute chasse aux
sorcières face aux victimes de la maladie."
Cet optimisme relatif sur le rapport information et sida était aussi le
ton adopté tant par le docteur Hausser que par Tom Netter. Pour le premier
orateur, la presse suisse a surtout parlé du sida à partir de février 1987,
au moment de la campagne de prévention du sida de l’Office fédéral de la
Santé. Sauf les réactions critiques de la Conférence des évêques suisses,
l’initiative de l’Office fédéral a été bien accepté. Reste, toujours selon
Dominique Hausser, toutes les questions sociales qui concernent les assurances et l’emploi des personnes atteintes du sida et qui, pour le moment,
sont peu abordées par la presse.
Pour le responsable de l’information de l’OMS, Tom Netter, le bilan du
lien entre l’Organisation internationale et la presse est globalement positif. Les journalistes sont plus compétents sur le sujet et participent en
grand nombre aux colloques, ce qui est aussi le cas des pays délégués, 140
environ au dernier colloque de l’OMS. L’hystérie face au sida semble dépassée. Malgré cela, certains catastrophismes ne sont pas complétement éliminés. C’est le cas pour l’extension géographique de la maladie et surtout
pour l’annonce de médicaments miracles qui soit-disant vont guérir le sida.
Mais, un risque futur menace l’information sur le sida, c’est la banalisation du sujet. (apic/pp/bd)