Difficultés financières et divergences à la base de la décision
Genève, 12septembre(APIC) Les problèmes financiers, les difficultés à
trouver un emplacement, le climat oecuménique pas des plus sereins à Genève
et les divergences ont eu raison du deuxième grand Rassemblement de "Chrétiens pour l’an 2000" qui devait avoir lieu les 30 novembre et 1er décembre
à Genève. Les responsables en ont décidé ainsi lundi soir. Et si une partie
des activités de ce qui avait été initialement prévu est maintenue, la fête
annoncée depuis belle lurette déjà est ajournée. Pour combien de temps?
Echaudés par l’écart budgétaire du Rassemblement de 1986, de l’ordre de
450’000 francs (750’000 francs de prévus pour une facture finale de 1,2
million), les organisateurs de ce qui devait être le second Rassemblement
avaient revu les chiffres à la baisse: moins de 600’000 francs. Un budget
ramené ensuite à 420’000, puis à 340’000 francs au gré des emplacements:
Palexpo, puis le Vélodrome, puis la plaine de Plainpalais, l’esplanade des
Vernets enfin, dernier endroit sur lequel les responsables avaient jeté
leur dévolu.
"Il nous manque une somme de 52’000 francs pour atteindre les 340’000
nécessaires au fonctionnement de la manifestation", a expliqué à l’agence
APIC Léon Meynet, coordinateur pour le Rassemblement "Chrétiens pour l’an
2000". Or, relève-t-il, chaque Eglise a clairement fait savoir qu’il
n’était pas question d’entrer en matière pour une couverture du déficit
"étant donné la situation économique". De plus, ajoute Léon Meynet, les
fonds récoltés tant dans le secteur privé que public sont inférieurs aux
prévisions attendues.
Difficultés financières, problèmes pour trouver un emplacement: le budget a donc dû être revu à la baisse. Une révision d’ailleurs illustrée par
les trop fréquents changements du lieu prévu pour le Rassemblement.
Une troisième raison est à la base de l’ajournement du Rassemblement:
"Ce n’est un mystère pour personne, le climat oecuménique s’est détérioré à
Genève". "Reste, souligne encore Léon Meynet, qu’un gros travail a été réalisé. Des communautés se sont rencontrées dans la foulée du lancement du
Rassemblement. Il faut que l’essentiel, c’est-à-dire le bénéfice de ce travail, ne soit pas perdu, afin de relancer l’oecuménisme pour réussir cette
fois ce deuxième Rassemblement et retrouver la force oecuménique que Genève
a pu connaître en 1986".
Tout ne tombe pas à l’eau
Ces difficultés, qui ont fait capoter le rendez-vous de "Chrétiens pour
l’an 2000", le pasteur Anne-Lise Nerfin, membre du comité d’organisation,
les confirme: "Elles ont commencé dans le courant de l’été 1990. Nous avons
eu de la peine à rassembler des personnes représentatives des Eglises pour
constituer ce comité d’organisation. Un comité devenu opérationnel en janvier de cette année seulement. Difficultés aussi à joindre trois projets
assez différents les uns des autres: le projet de ’Chrétiens pour l’an
2000’; le 700e avec, en particulier, les manifestations agendées pour le
Jeûne fédéral; les retombées des Rassemblements de Bâle et de Séoul ’Justice, Paix et Sauvegarde de la Création’.
Et puis, ajoute le pasteur Nerfin, on a senti d’énormes réticences. Des
résistances exprimées par plusieurs paroisses protestantes... des résistances dues à une surcharge d’activités au sein de l’Eglise catholique: "On a
déjà assez de travail comme ça!".
Le rendez-vous des 30 novembre et 1er décembre est annulé, certes, mais
tout ne tombe pas à l’eau pour autant. Certaines des activités prévues sont
maintenues, tient à préciser Anne-Lise Merfin. La rencontre avec les enfants, la soirée et la veillée de prière, la célébration du dimanche matin
et la conférence de l’après-midi n’auront pas lieu. Il n’en demeure pas
moins que le groupe de travail chargé de rédiger le Pacte, un texte pour un
engagement commun, a fait lundi dernier de nouvelles propositions. Les
groupes bibliques mis sur pied pour l’automne continuent et leur programme,
prévu à des dates autres que le 30 novembre, se réalisera. Quant aux jeunes, ils ont décidé de poursuivre leur rencontre avec leur projet "Chrétiens dans la rue".
Le pasteur Nerfin n’élude pas non plus un des aspects à la base de ce
rendez-vous manqué: "La situation oecuménique est plutôt tendue. Et partout
l’oecuménisme est en difficulté. Genève ne fait pas exception. Quel témoignage sommes-nous en train de donner... ou plutôt quel contre-témoignage?
Les Eglise devraient pourtant montrer l’exemple. La plupart des gens n’ont
rien à faire de nos divergences, des bagarres internes", conclut-elle à
propos du rendez-vous manqué d’un Rassemblement pourtant annoncé en 1986
déjà. (apic/pr)