Genève : le mouvement écologique doit acquérir une spiritualité (100389)
Genève, 10mars(APIC) Le pasteur indien Anand Veeraraj, fondateur de l’association Eco-Shalom à Bangalore en Inde, s’est élevé contre toute vision
écologique qui n’intégrerait pas une spiritualité. Partant de la situation
de son pays, il a affirmé que "la vie religieuse et culturelle est existentiellement reliée aux forêts, aux montagnes, aux océans et à la vie animale
et végétale si diverse".
Cette recherche d’une totale harmonie entre les divers éléments du cosmos a été le point central de l’intervention d’Anand Veeraraj au cours de
la conférence de presse de ce vendredi 10 mars organisée par Pain pour le
Prochain et l’Action de Carême en collaboration avec le WWF à Genève. Philippe Roch du WWF s’est félicité des prises de position des Eglises en faveur de l’écologie et a affirmé qu’il ne peut y avoir de révolution écologique sans révolution spirituelle et que cette transformation doit se faire
en lien avec le Tiers-Monde qui a su rester plus proche de la nature.
Quant à Christine von Garnier, au nom des deux oeuvres d’entraide
chrétiennes, elle a fait l’historique de l’engagement écologique des
chrétiens, rappelant le rôle qu’a joué le livre "Le temps presse" du philosophe et physicien Friedrich von Weiszäcker dans la prise de conscience des
chrétiens sur les questions écologiques. Elle a mis en évidence les étapes
de leur mobilisation : rencontre de Bâle de mai prochain, future campagne
de Pain pour le Prochain et de l’Action de Carême de 1989 et 1990 sur la
Justice et la Paix.
Harmonie avec le cosmos et rôle de la femme
Pour Anand Veeraraj, l’écologie doit éviter deux travers : rester attaché à une vision occidentale qui tende à séparer et à opposer l’homme et
la nature, le développement et les ressources naturelles et d’autre part ne
pas tomber dans une vision politique de la question écologique. Cette
deuxième tendance n’est pas seulement visible dans le mouvement écologique
européen, mais on la retrouve aussi dans les mouvements écologiques de base
en Inde tels que certaines franches du mouvement Chitko qui luttent contre
la déforestation.
Pour le pasteur indien, il s’agit de tendre vers une harmonie avec le
cosmos, c’est ce que propose le groupe Eco-Shalom pour qui il s’agit de
vivre en harmonie avec la nature et en communauté. C’est seulement ainsi
que peut prendre corps une nouvelle éthique pour le développement rural.
Dans ce cadre, les femmes ont un rôle essentiel à jouer. Cette recherche
d’harmonie peut aussi faciliter un dialogue inter-religieux et permettre le
dépassement des clivages historiques pour retrouver un fond commun. Il a
terminé en déclarant que si l’argent restait au centre des préoccupations
du monde occidental, il ne pouvait y avoir de réelle écologie, qu’il
fallait dès lors renverser la problématique. (apic/pp/bd)