Genève, 30octobre(APIC) La branche romande du Mouvement Anti-Apartheid de
Suisse (MAAS) vient de connaître une mutation sensible durant l’année écoulée. C’était pour elle l’occasion de mettre en évidence ses activités dans
différentes régions représentées par des groupes locaux ainsi que des groupes Eglise, Enfants et Namibie. le MAAS fait part également de ses relations avec les divers Mouvements de libération et avec la Swapo. Le MAAS
fait enfin le compte rendu de sa Campagne "Pas un sou pour l’Apartheid".
Restructuration du MAAS
Au cours de l’année dernière, le Comité du MAAS basé à Genève, le Comité
anti-apartheid Vaud (le CAAV) et les groupes de Nyon, de Fribourg, Neuchâtel, la Chaux-de-Fonds, du Jura et du Valais ont entamé une collaboration
visant à un regroupement au sein du MAAS. C’est ainsi que suite à l’émergence et au renforcement de ces groupes locaux, un Comité romand a pu être
mis en place pour assurer les tâches dévolues jusqu’alors au Comité de Genève, ce dernier devenant un groupe local comme les autres.
Le Comité romand est constitué de deux représentants de chaque groupe et
assure, quant à lui, les interventions de caractère général ainsi que la
coordination des activités en liaison avec le secrétariat permanent.
Le vent de réorganisation soufflant sur la branche romande a mis en évidence la nécessité de se réorganiser également sur le plan national. Certaines propositions ont été faites lors d’une réunion de AAB et le MAAS
1989: révision des structures actuelles, proposition de nouvelles structures de travail pour le "Comité de coordination national" notamment sur son
rôle et son fonctionnement.
Il convient de relever certaines difficultés qui ne peuvent manquer de
surgir du fait de l’élargissement du Mouvement. Ces difficultés touchent la
coordination des activités et les conceptions parfois différentes du
fonctionnement.
L’une des conséquences assez immédiates de la réorganisation a été la
constitution d’un comité de rédaction du journal. Celui-ci repose désormais
sur les épaules de plusieurs personnes de différentes régions et bénéficie
des progrès de l’informatique. Ainsi l’organe bimestriel, "Non à l’Apartheid", a subi un sérieux "lifting".
Un autre évévement important: celui du départ du secrétariat de Véronique Schoeffel appelée à travailler à l’étranger. Dès le mois d’avril, Andrea Cresti, déjà membre du CAAV lausannois, a repris les rênes.
Relations avec les Mouvements de libération
Après la tragique disparition de Dulcie September, un nouveau représentant
de l’ANC pour la France et la Suisse a été nommé en la personne de Solly
Smith. Ce dernier a été invité par MAAS à plusieurs reprises. Des rencontres avec d’autres personnalités de l’ANC et de l’UDF ont eu lieu notamment
à l’occasion du séminaire organisé à Lucerne par le groupe KAIROS en janvier 1989.
Dernièrement quelques membres du MAAS et de AAB ont pu entendre une conférence de THabo Mbeki, Directeur du Département des affaires internationales de l’ANC, de passage à Genève. Celui-ci a répondu à certaines questions
portant sur une récente déclaration de René Felber selon laquelle l’ANC aurait demandé à la Suisse de ne pas appliquer de sanctions. Ce à quoi M.
Mbeki répond: "Il n’est pas possible que l’ANC ait prétendu une telle chose. Au contraire, lors du sommet des pays non-alignés, à Belgrad, nous
avons parlé au représentant de la Suisse, M. Ruegg; nous avons réitéré notre demande que le Gouvernement suisse persuade les banques de ne pas participer au rééchelonnement de la dette sud-africaine. Celui-ci a répondu
qu’il comprenait notre point de vue mais que l’ANC devait s’arranger pour
en débattre lui-même avec les banques suisses..." . Le MAAS vient d’écrire
à M. Felber pour lui rendre compte de cette discussion et lui demander un
entretien. Depuis plusieurs années le MAAS a des contacts avec des représentants de la SACU (South african Confederation of Trade Unions) qui participent chaque année à la Conférence du BIT. Des rencontres se font également avec COSATU.
En juin 1989, deux responsables du CAWU (Construcstion and Allied Workers Union) ont fait une tournée en Suisse pour informer sur une grève déclenchée dans plusieurs unsines de la société Everite, contrôlée par Eternit Suisse appartenant à l’empire Schmiedheiny. Des conférences de presse
ont été organisées tant en Suisse alémanique qu’en Suisse romande à ce sujet.
La Swapo
Par le biais de son représentant Eddy Amkongo, les relations de MAAS
avec la Swapo se sont intensifiées. Lors de la dernière assemblée générale
du MAAS, Eddy Amkongo est venu partager ses préoccupations sur l’avenir de
la Namibie, de même qu’en février 1989 lors de la rencontre nationale de
MAAS.
Après plus de 22 ans d’occupation illégale par l’Afrique du Sud, le destin de la Namibie semble enfin s’éclaircir et la perspective des élections
de novembre redonnent un certain espoir malgré les embûches qui se dressent
sur la voie de l’indépendance. Une campagne politique de soutien à la Swapo
est envisagée. La Namibie doit faire face à des besoins énormes entre autre
le rapatriement des exilés et leur réinsertion dans la nouvelle société qui
s’édifie. Deux groupes de soutien à la Namibie se sont constitués à Genève
et Lausanne.
La Campagne "Pas un sou pour l’Apartheid"
Lancée en novembre 1988, sous l’égide du Mouvement Anti-Apartheid (branches romande et alémanique), de "l’Action boycott de l’Afrique du Sud" et
de "l’Action place financière suisse", la Campagne "Pas un sou pour
l’apartheid" s’est fixé pour principal objectif d’inciter les habitants de
Suisse à retirer leur compte auprès d’une des trois grandes banques suisses
(UBS, SBS, CS) et de refuser de payer toute facture par l’intermédiaire
d’une de ces banques aussi longtemps que ces dernières refusent de reconsidérer leurs relations avec le régime d’apartheid. Elle demande aussi au public de ne pas acheter de Krugerrands (pièce d’or sud-africaine). L’accord
intervenu le 18 octobre selon lequel les grandes banques créditrices de
l’Afrique du Sud (dont les banques suisses) se sont mises d’accord pour
rééchelonner le remboursement de 8 milliards de dollards de sa dette a
plongé les milieux anti-apartheid dans la consternation.
"Chaque fois que le mouvement international pour des sanctions et le
boycott a mis en péril le régine de l’apartheid (Décision des Etats-Unis de
ne plus accorder de crédit, moratoire,...), l’UBS toujours fidèle volait au
secours de l’Afrique du Sud".
l’Il est intéressant de noter que la "Campagne" remporte un certain succès en Suisse puisqu’en été 1989, le MAAS recensait environ 6000 personnes
qui avaient accepté, soit de fermer leur compte, soit de ne pas en ouvrir.
Rappelons qu’à l’issue de l’émission "Table ouverte" sur les relations bancaires entre la Suisse et l’Afrique du Sud, réalisée en juin 1989 et à laquelle a pris part Charles Bill du MAAS, un sondage téléphonique a été effectué. A la question "La Suisse devrait-elle prendre des mesures contre
l’Afrique du Sud?", 68% des gens interrogés ont répondu affirmativement
(50% seulement pour la Suisse alémanique). Bien que la prudence soit de mise à l’égard de ce type de sondage, cela représente néanmoins un élément
très encourgeant.
Remise à jour de la brochure "Les enfants face à l’apartheid"
Editée par le MAAS en 1988, la brochure "Les enfants face à l’apartheid"
contient non seulement des informations précieuses sur la situation des enfants en Afrique du Sud, mais aussi sur l’apartheid en général.(apic/pe)