Un journal au service des "sans voix"
Genève, 17mai(APIC) "Le Courrier", le plus petit quotidien de Genève,
mais par son tirage seulement, a fêté samedi son 125e anniversaire sous la
halle des TPG à la Jonction. En 1868, le nouveau journal s’affichait immédiatement comme une feuille de combat au service des catholiques genevois.
Aujourd’hui, résolument oecuménique, "Le Courrier" se veut "la voix des
sans voix" dans la presse du canton de Genève.
René Leyvraz et Pierre Dufresne, deux anciens rédacteurs en chef, ont
marqué de leur empreinte l’histoire de ce journal d’opinion catholique. Ils
ont constamment pris position pour les causes des plus démunis de la société. L’équipe rédactionnelle actuelle fait volontiers référence à ces deux
aînés, des journalistes chrétiens qui ont toujours pensé que l’information
à quelque chose à voir avec la justice évangélique.
Patrice Mugny, l’actuel rédacteur en chef, dans un article publié par
"L’Echo illustré", définit bien l’état d’esprit de la rédaction du journal:
"Le Courrier" ne prétend pas apporter chaque jour à ses lecteurs des informations inédites ou des réflexions originales, mais il est incontestable
que certains sujets qu’il traite ne sont pas abordés par d’autres médias et
que presque paradoxalement, des journaux se voient contraints de parler de
certains ’événements’ dont le Courrier s’est fait l’écho"
Un quotidien qui dérange
"Ce petit quotidien dérange", poursuit le rédacteur en chef. "Dame! Il
pose des questions qui peuvent déplaire ou gêner. Il remet radicalement en
cause un système économique considéré comme un modèle alors même qu’il produit 500 millions de nantis et cinq milliards de pauvres. Il dénonce la
soumission de trop de politiciens et d’acteurs sociaux ’aux règles’ de cette économie, rappelant sans cesse devrait être au service de l’homme ".
Côté finances, comme d’autres journaux, "Le Courrier" connait lui aussi
des problèmes. Beaucoup d’observateurs, l’an dernier, le voyaient mourir à
brève échéance. En une année il y gagné 1’000 abonnements. Il souhaiterait
en trouver 1’000 de plus pour avoir moins de soucis. Actuellement "Le Courrier" tire à 7’000 exemplaires pour plus de 20’000 lecteurs. Il est aussi
soutenu financièrement par la communauté catholique de Genève et par l’Imprimerie Saint-Paul à Fribourg, qui lui fournit des prestations (impression
très bon marché et pages rédactionelles) non négligeables.
Samedi, le fête s’est déroulée sous la halle des Trasnsports Publics Genevois (TGV) à la Jonction. Partie officielle avec la présence du Conseiller d’Etat Bernard Ziegler, de la présidente du Grand Conseil genevois, Micheline Calmy-Rey et de Madeleine Rossi, maire de Genève. Mais aussi fête
populaire où, à travers les stands, les amis du "Courrier" se sont éparpillés pour discuter, échanger, manger, boire et se distraire. L’après-midi,
Jean-Philippe Rapp, journaliste de la TV Suisse Romande, évoquait son expérience personnelle sur le thème: "Journalisme, fichu métier et métier merveilleux". Un deuxième débat, animé par Pierre Dufresne, avait un titre
provocateur: "Alors on s’entretue ou on cause". Jean-Pierre Zurn pasteur,
et Günther Gebhardt, secrétaire de la Conférence mondiale des religions
pour la paix, ont mis en évidence les relations parfois intimes entre les
religions et la violence. (apic/ei/ba)