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    Le dialogue oecuménique n’est cependant pas remis en cause (080694)

    Genève: le COE regrette le ’non’ du pape à l’ordination des femmes

    Genève, 8juin(APIC) S’exprimant sur la lettre apostolique du pape sur

    "l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes", Konrad Raiser, Secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), regrette

    que Jean Paul II ait jugé nécessaire de s’exprimer de façon aussi catégorique en exigeant que cette position soit définitivement tenue par tous les

    fidèles de l’Eglise catholique. Sans remettre en cause le dialogue oecuménique cette lettre constitue néanmoins un obstacle dans le dialogue sur les

    ministères, remarque le pasteur Raiser.

    La lettre du pape ne change rien à la configuration de base du dialogue

    entre les Eglises, observe Konrad Raiser. La réponse catholique-romaine officielle au document de convergence oecuménique sur le baptême, l’eucharistie et le ministère (BEM) en 1982 a montré l’ouverture des catholiques à

    la possibilité que l’Esprit parle à une Eglise à travers les perceptions

    d’une autre. Néanmoins le contraste entre les déclarations oecuméniques et

    la lettre du pape montre un paradoxe dans l’attitude du Vatican. "D’une

    part il y a l’affirmation de l’appel à l’unité; de l’autre il y a une affirmation aussi forte que rien dans la doctrine et la tradition de l’Eglise

    ne doit être changé sur le chemin qui mène à l’unité."

    Konrad Raiser met en garde contre les risques de restreindre toute la

    discussion sur la place des femmes dans l’Eglise à la simple question de

    l’ordination au sacerdoce. De plus, il n’y a rien de vraiment nouveau dans

    le contenu de la lettre qui se réfère à la déclaration ’Inter insigniores’

    de 1976. Ce qui frappe, c’est la fermeté avec laquelle le pape exclut toute

    discussion sur le sujet au sein de l’Eglise catholique. Mais "il était déjà

    difficile voire impossible d’entrer dans une discussion substantielle dans

    le cadre du dialogue officiel avec l’Eglise catholique sur la question de

    l’ordination des femmes". Dans ce sens, estime Konrad Raiser, la lettre ne

    crée pas de situation nouvelle.

    Le COE comprend de nombreuses Eglises qui ont le sacerdoce féminin alors

    que d’autres, principalement les orthodoxes, le refusent. Il n’a donc pas

    de position officielle sur l’ordination des femmes, rappelle son secrétaire

    général, en indiquant que le COE n’est pas une Eglise et n’a pas de

    fonction d’enseignement.

    "J’aurais salué une contribution différente de la part des catholiques

    au débat de la Décennie oecuménique de solidarité des Eglises avec les femmes", ajoute Konrad Raiser. Il constate cependant que la question du ministère ordonné n’est pas au premier plan des préoccupations de la décennie.

    Le COE entend maintenir tous les liens de solidarité avec les catholiques

    en particulier avec les personnes peinées par la lettre apostolique, conclut le pasteur Raiser. (apic/soepi/mp)

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