Le Comité central "regrette son erreur d’appréciation"
Genève, 30mars(APIC) Après des discussions qui se se sont prolongées toute la journée, le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) a
adopté une motion qui "regrette son erreur d’appréciation" concernant la
situation en Roumanie. La veille et l’avant-veille, le pasteur roumain
d’origine hongroise Laszlo Tökes avait dénoncé à Genève la complicité des
Eglises de Roumanie durant la dictature de Ceausescu et le silence du COE,
"qui doit se libérer du carcan de la diplomatie".
Tout en reconnaissant que l’absence de liberté en Roumanie l’empêchait
d’avoir une connaissance précise des prises de position du COE, Laszlo Tökes avait mis le doigt sur certaines contradictions, comme le fait de condamner fermement l’apartheid en Afrique du Sud et de se montrer tolérant à
l’égard du régime de Ceausescu. Le pasteur Tökes avait accusé le COE
d’avoir été "manipulé par le régime roumain", comme d’ailleurs les gouvernements occidentaux. "Le COE aurait dû avoir une attitude plus décidée contre l’athéisme et parler clairement de persécution", avait-il alors
affirmé.
Les discussions au Comité central avaient commencé dès le début de la
semaine, mais ce sont les vives critiques du pasteur de Timisoara qui ont
relancé la polémique. Vendredi après-midi, deux motions ont été proposées
au Comité central en complément du texte officiel. En effet, les motionnaires trouvaient que ce texte était "très défensif" quand il se limitait à
reprendre une déclaration de 1985. Celle-ci affirmait : "Nous nous repentons de n’avoir pas su, dans certains cas particuliers, nous exprimer de
manière plus précise".
En fait, l’argumentation du texte officiel justifiait ce silence par
"l’attention particulière que nous portons à ceux qu’une mention spécifique
pourrait mettre en danger". Si une deuxième motion plus radicale - le COE
se repentant des erreurs et demandant pardon - a été rejetée, celle qui a
été acceptée regrette les erreurs d’appréciation, car le Comité central n’a
pas su prendre la "parole de manière catégorique lors de la réunion de Moscou de l’été dernier". Le reste du texte affirme sa solidarité avec le peuple roumain, exprime son inquiétude au sujet des conflits ethniques en
cours, demande au secrétaire général de prendre des initiatives précises et
assure les Eglises de Roumanie de ses prières. (apic/pp/be)