Genève: le COE et la brûlante actualité (300892)
Genève, 30août(APIC) Le comité central du Conseil oecuménique des Eglises
(COE), réuni à Genève du 21 au 28 août, outre l’élection de Konrad Kaiser,
pasteur luthérien allemand, au poste de secrétaire général, a adopté quatre
déclarations concernant la Communauté européenne, l’Afrique du Sud, la Somalie et la situation en ex-Yougoslavie.
Au moment où les pays de la Communauté européenne (CE) sont amenés à se
prononcer sur le Traité de Maastricht, le Comité central du COE, tout en
saluant les progrès accomplis grâce à la CE et à ses institutions, veut attirer l’attention de l’opinion publique sur les questions qui préoccupent
les Eglises telles que "la pauvreté, les migrants et les demandeurs d’asile, l’environnement, les relations avec d’autres Etats européens et avec
les deux tiers du monde". Le COE recommande également d’intensifier la collaboration avec la Commission oecuménique européenne "Eglise et société"
(EECCS) et la Conférence des Eglises européennes (KEK) afin de partager les
préoccupations de la Communauté oecuménique face à la marche vers l’unité
européenne.
Maintenir les sanctions économiques en Afrique du Sud
La deuxième déclaration publique porte sur l’Afrique du Sud et exprime
"sa consternation devant l’attitude du président de Klerk qui, après s’être
largement acquis la faveur internationale, semble aujourd’hui si peu disposé à promouvoir le processus de réforme annoncé". Pour cette raison, le COE
préconise le maintien des sanctions économiques et financières jusqu’à la
mise en place d’un gouvernement intérimaire reflétant la participation de
tous les habitants de l’Afrique du Sud. Le COE se félicite par ailleurs de
la création du programme oecuménique d’observation en Afrique du Sud (EMPSA) parrainé conjointement par le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud et
la Conférence épiscopale catholique de cette même région. Ce programme est
coordonné par le COE lui-même.
Exigence de l’embargo total sur la vente d’armes en Somalie
Concernant la Somalie, la résolution du Comité central du COE réclame un
embargo total et effectif sur la vente et la livraison d’armes à toutes les
parties en présence et demande au secrétaire général d’interpeller le Conseil de sécurité des Nations-Unies sur la situation dans ce pays. Le COE
souhaite que l’ONU en coopération avec l’Organisation de l’Unité africaine
(OUA) explore toutes les voies possibles pouvant aboutir à un règlement pacifique. Le COE exhorte les Eglises à poursuivre leurs programmes d’aide
d’urgence au profit de la Somalie.
"L’intervention militaire n’est pas la solution en Ex-Yougoslavie"
Le Comité central a adopté enfin une longue déclaration sur l’ex-Yougoslavie. C’est la volonté politique de la Communauté internationale qui aux
yeux du Comité central, obligera toutes les parties en présence à accepter
un règlement non-violent. "L’inactivité politique, précise la déclaration,
pourrait aboutir à l’intervention militaire préconisée maintenant par certains. Pourtant l’intervention militaire n’est pas la solution, pas plus
qu’un embargo unilatéral insuffisamment respecté".
Le COE engage les Eglises d’Europe qui se réuniront à Prague du 1er au
11 septembre, à l’occasion de l’Assemblée de de la KEK, à intensifier leurs
efforts en vue de la réconciliation et à apporter aux Eglises de l’ancienne
Yougoslavie toute l’aide possible.
La déclaration encourage enfin les Eglises membres du COE à s’opposer à
"l’utilisation de la religion à des fins politiques. à condamner toute séparation violente des peuples sur la base de leur entité ethnique et à agir
conjointement avec d’autres communautés religieuses chaque fois qu’elles le
peuvent". (apic/soepi/com/ba)