L’actualité de l’encyclique "Sollicitudo rei socialis"
Genève, 28novembre(APIC) Le cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical "Justice et Paix" et André Van Chau, secrétaire général de
la Commission internationale catholique pour les migrations étaient les invités, lundi 27 avril, de l’Institut international d’études sociales auprès
du Bureau International du Travail (BIT), afin de s’exprimer sur l’encyclique sociale de Jean Paul II, "Sollicitudo rei socialis".
Rappelant que l’encyclique de Jean Paul II, qui date du 30 décembre
1987, est venue à un point crucial de l’histoire du développement et qu’elle marque le 20ème anniversaire de "Populorum progressio", le cardinal Etchegaray a estimé que l’encyclique de Paul VI n’a pas vieilli, mais qu’en
revanche, le monde avait changé. La fin des année 1960, a-t-il fait remarquer, est marquée par l’enthousiasme "de l’après colonisation, du partenariat avec "les jeunes nations", de la période des grandes stratégies, des
slogans mobilisateurs et quelque peu utopique. Aujourd’hui les espoirs semblent plus éloignés et les écarts entre les pays riches et les pays pauvres
se sont encore agrandis".
Face à cette vague d’incertitudes et de pessimisme, le pape Jean Paul II
a voulu relancer la proposition du développement, constate le cardinal Etchegaray. Selon lui, l’encyclique est "un acte de foi pour le développement". Si elle ne donne pas de recettes, elle prône un développement intégral qui ne se limite pas seulement aux aspects économiques. "Le vrai développement intègre tous les droits humains", affirme-t-il.
Pour l’orateur, le texte du pape dénonce les dangers du "surdéveloppement, de la société de consommation. Face à l’antagonisme des deux blocs,
qui a pesé sur le tiers-monde, il met en avant l’obligation morale de la
solidarité, comme vertu chrétienne, dit-il, avant de conclure en disant que
l’encyclique donne aussi quelques indications concrètes. Elle demande aux
responsables des pays de donner la première place au phénomène de la pauvreté; met en avant le principe de la destination universelle des biens;
réclame des réformes du système commercial et financier.
De son côté, André Van Chau a centré son intervention sur les raisons
des erreurs de développement. Ce qui est en cause, selon l’expression de
Jean Paul II, c’est le désir du profit et la soif du pouvoir. Selon l’orateur, pendant ces trente dernières années, l’homme a continué à appliquer
des théories apparemment inspirées par des motivations économiques, mais
qui ne sont en réalité que "des formes d’idôlatrie comme l’argent et les
les idéologies". "C’est en combattant ce désir de profit et cette soif de
pouvoir que l’on pourra notamment faire face aux problèmes du tiers monde,
à sa perte d’identité", a-t-il relevé.
André Van Chau a terminé son intervention en mettant en garde contre une
vision économiste du sous-développement qui "est inopérante face à la violation des droits de l’homme". Il a proposé que l’on prenne en compte les
dimensions sociales et culturelles de l’homme et surtout sa vocation fondamentale. (apic/pp/pr)