"Le règne de la paix ne viendra pas
par le biais d’une union mondiale des Eglises"
Genève, 10janvier(APIC) Le Service Oecuménique de Presse et d’information
(SOEPI) du Conseil oecuménique des Eglises (COE) rend compte dans son édition du 6 janvier d’une intervention du cardinal Joseph Ratzinger, préfet
de la Congrégation romaine pour la Doctrine de la foi, sur "la justice, la
paix et la sauvegarde de la création". Selon SOEPI, les déclarations de Mgr
Ratzinger remonteraient en décembre dernier, à l’occasion d’un colloque interculturel tenu à Chambésy (Genève).
Durant ce colloque, écrit SOEPI, le cardinal Ratzinger aurait déclaré
que "l’Eglise ne doit pas se transformer en une sorte de mouvement politique pour la paix dont la véritable raison d’être deviendrait la réalisation
de la paix mondiale permanente". C’est pourquoi, aurait-il ajouté, le "concile de la paix des religions, tel qu’il est envisagé, est une impossibilité du point de vue de l’essence de l’Eglise". Il convient de rappeler que
le thème "Justice, Paix et Sauvegarde de la Création sera celui du rassemblement mondial organisé par le COE, qui aura lieu à Séoul en mars 1990,
et du rassemblement oecuménique européen. Ce dernier se déroulera à Bâle du
15 au 21 mai prochain.
Selon SOEPI, qui se demande si le cardinal se référait au rassemblement
mondial de Séoul, "Mgr Ratzinger est convaincu que les représentants des
Eglises n’ont aucune légitimation pour entreprendre directement des activités politiques": "Ils n’ont reçu aucune mission pour cela, ni de leurs
fidèles, et encore moins de leur Seigneur", aurait dit Mgr Ratzinger. Ce
dernier "considère comme une dangereuse tentation de vouloir établir le
règne planétaire de la paix par le biais d’une union mondiale des religions", cite SOEPI.
Pour ce dernier, le cardinal aurait en effet estimé durant ce colloque
que "dans pareille optique, la paix devient quasi inévitablement le bien
suprême, auquel tous se soumettent et pour la réalisation duquel tous les
autres contenus et actes religieux sont rabaissés au rang de moyens. Or, un
Dieu qui devient un moyen pour des buts supposés plus élevés n’est plus
Dieu; en réalité, il a abdiqué sa divinité au profit de quelque chose de
supérieur dont il doit servir l’avènement. Il est clair qu’une paix ainsi
établie menace de transformer son essence dans le totalitarisme d’une seule
idéologie admise, soit de déboucher sur une guerre civile mondiale".
(apic/cip/pr)