Genève : le cardinal Casaroli s’exprime pour la première fois (210289)
Genève, 21février(APIC) Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat
du Vatican, a pris la parole le mardi 21 février pour la première fois devant la Conférence du désarmement des Nations Unies. Unique instance
mondiale de négociations multilatérales de désarmement, la conférence est
composée des cinq puissances nucléaires (Chine, Etats-Unis, France,
Royaume-Uni et Union soviétique) et de trente-cinq autres pays.
"Ils ne sont pas nombreux dans le monde ceux qui s’intéressent autant
que le Saint-Siège au problème de désarmement", a déclaré Mgr Casaroli. Une
préoccupation de nature éthique. Le Saint-Siège n’est, en effet, pas un
expert technique. Cela lui permet donc - a fait remarquer le cardinal - de
porter un regard plus limpide sur les questions d’ordre moral.
"Si tu veux la paix, prépare la guerre", cette conviction est encore
aujourd’hui ancrée dans les esprits. On la nomme "force de dissuasion".
L’Eglise, elle, préfère opter pour un autre axiome - a dit le secrétaire
d’Etat : "Si tu veux la paix prépare la paix". Le réalisme contre
l’idéalisme, en quelque sorte. Un idéalisme qui aujourd’hui pourtant estime Mgr Casaroli - devient de plus en plus réaliste.
Prenons la bombe atomique, l’arme "construite pour ne pas être utilisée"
justement, ainsi que les toujours plus sophistiquées armes dites conventionelles. Elles n’ont pas rendu le monde plus sûr. Et la conviction qu’il
"est désormais nécessaire d’enlever des mains des hommes les instruments
dont ils ont besoin pour se faire la guerre" est de plus en plus forte. "Ce
concept s’impose par la force des choses, même si l’on en n’est qu’aux
grandes déclarations de principe" - a fait remarquer le "numéro deux du Vatican".
Ici le prélat a souligné l’espoir que le changement historique intervenu
dans le climat international "en raison de la nouvelle approche soviétoaméricaine" amène au désarmement. Mais le problème reste complexe et la
tâche à entreprendre énorme. Le rêve d’un désarmement universel et complet
peut paraître encore trop beau pour être réalisable. Or le désarmement a
besoin de paix pour être réalisé et la paix a besoin de justice. Une justice universelle. Le chemin de la paix est encore long et difficile, a
déclaré le cardinal.
Pourtant aujourd’hui les mesures pour améliorer la confiance se
développent de plus en plus entre les nations. Elles doivent être
encouragées par un dialogue politique accru. C’est le rôle de l’ONU qui,
avec ses structures propres, constitue le meilleur outil dont dispose la
communauté internationale, a conclu Mgr Casaroli. (apic/ar/bd)