Genève : le cardinal Casaroli (200289)
Il défend la liberté religieuse
Genève, 20février(APIC) "L’homme a été capable de maîtriser la nature et
de perfectionner la technologie dans une mesure impensable il y a seulement
quelques années. Il n’a pas complétement réussi, par contre, à se libérer
de trop d’abus que ses semblables lui infligent, au nom du pouvoir qu’ils
exercent". Ces paroles, le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du
Vatican, les a prononcées lundi 20 février à la Commission des droits de
l’homme de l’ONU à Genève devant laquelle il s’exprimait pour la première
fois.
C’est l’oppression de l’homme par l’homme qui est à la source même des
débats de la Commission - a fait remarquer le prélat. En déapssant les clivages idéologiques et les options politiques, il reste ces convictions fondamentales : la primauté de l’homme, le caractère absolu de sa dignité et
le sens du dialogue. Ces thèmes sont à la base des travaux de la Commission, notamment en ce qui concerne l’affirmation des droits collectifs tels
que le droit au développement, au partage de la richesse, à la paix et à un
environnement harmonieux, car ces droits conditionnent non seulement la
promotion des droits individuels, ils en sont la conséquence obligée.
Ici le secrétaire d’Etat du Vatican a fait une sorte d’historique de
l’oppression. Elle prend ses sources, a déclaré le cardinal, dans
l’orgueil, dans l’égoïsme ou encore dans la haine des uns contre les
autres, le refus des diversités - raciales, nationales, de classe sociale,
de croyance, d’idéologie - ou encore dans la peur de l’autre. Aujourd’hui
il existe d’ailleurs le danger de voir réapparaître certains phénomènes de
"rééducation" tendant à soumettre le corps et même l’esprit des adversaires
au moyens de violences psychologiques ou physiques. Un retour des vieux
démons, en quelque sorte, tel que le facisme. Cette résurgence est à
combattre", a affirmé Mgr Casaroli. Elle va, en effet, contre la dignité de
l’homme, sa conscience de s’ouvrir à la transcendance et à la liberté de
faire ses choix.
Liberté religieuse
La Commission - a souligné le secrétaire d’Etat du Saint-Siège - a
montré un intérêt croissant pour la liberté religieuse. Ce thème a, en
effet, déjà causé trois rapports consécutifs dernièrement. La Conférence
sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) a permis de "consolider
une conception de la liberté de religion considérée comme une véritable
liberté civile et sociale qui peut et doit s’exercer comme dans n’importe
quel système politique". Comme l’a déclaré récemment le pape Jean Paul II a rappelé le cardinal Casaroli - cette liberté constitue la pierre
angulaire dans l’édifice des droits de l’homme. Elle doit donc être
protégée.
Faut-il donc envisager une convention internationale ? Les instruments
sont nombreux déjà - estime le secrétaire d’Etat du Vatican. ce qui est
surtout important c’est que le respect soit bien effectif. Les 35 pays de
la CSCE, par exemple, se sont engagés à respecter cette liberté. Toute une
série de mécanisme ont été établis. Désormais tout homme devrait pouvoir
poursuivre librement sa "quête de la vérité, adhérer à la religion de son
choix et professer publiquement sa foi".
Une convention internationale devrait porter tout particulièrement, pour
être plus positive, sur la reconnaissance et le respect de la liberté de
religion. En engageant les Etats, par exemple, à une impartialité
respectueuse tant sur le plan de la religion que de l’idéologie. Cela en
tant que protecteurs des droits de tous les citoyens sans distinction
aucune. Un moyen - estime le cardinal Casaroli - de rendre l’humanité plus
solidaire et plus unie. (apic/ar/bd)