Genève: le Brésil à la recherche d’une aide (030389)
Genève. 3mars(APIC) Dans le but de chercher un soutien en Europe, deux
personnalités politiques brésiliennes, Luis Eduardo Greenhalgh, vice-maire
de Sao Paulo, et Clovis da Silva, secrétaire de la planification de Porto
Alegre, ont rencontré jeudi 3 mars à Genève divers représentants des ONG et
de la communauté brésilienne. Cette visite européenne a aussi pour motif
d’expliquer la situation socio-politique du Brésil et de témoigner au sujet
des conditions de vie de plus en plus précaire pour les habitants des campagnes comme des villes ou s’entassent la plupart des gens, 75% de la population du Brésil, estime-t-on.
Les deux hommes politiques brésiliens, qui ont été élus en novembre dernier sur les listes du Parti des travailleurs (PT), ont dans un premier
temps tiré le bilan de la politique gouvernementale depuis la chute de la
dictature. Selon eux, cette "transition vers la démocratie" est un échec:
la réforme agraire a été enterrée, le projet de moratoire sur la dette extérieure annulé, et la tentative de mise à l’écart des militaires n’a pas
abouti. A ce bilan négatif, il faut ajouter la répression, les atteintes
répétées aux droits de l’homme, en particulier contre les populations indiennes d’Amazonie et des régions rurales, sans parler des autres problèmes
et de leurs répercussions.
En 1964 par exemple, au moment du coup d’Etat militaire, chaque brésilien mangeait en moyenne par an 44 kilos de viande. En 1988, chaque brésilien en mange en moyenne 12 kilos. En 1966, un tiers de la population "seulement" consommait moins de 2400 calories. Aujourd’hui, ce sont les deux
tiers des Brésiliens qui consomment moins de 2400 calories. Quant à l’inflation, de l’ordre de 1000%, même si tout le monde la dénonce, depuis le
gouvernement jusqu’à l’Eglise en passant par les militaires, elle existe.
Les 115 milliards de la dette extérieure du pays n’y est pas pour peu.
Avec plusieurs succès remportés lors des élections municipales, le PT
compte bien gagner celles des présidentielles qui auront lieu cette année.
Il en a les moyens, d’autant que leur candidat, Lula da Silva, leader syndicaliste et représentant du PT à l’Assemblée constituante, jouit du soutien de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT); son audience est grande et réelle dans les grandes villes et auprès des communautés de base.
Mais, reconnaît Clovis da Silva, l’implantation du PT est moindre dans des
régions de Bahia, du Nord-Este et de l’Amazonie. Même si les représentants
du PT se disent confiants pour les élections présidentielles, il n’en demeure pas moins que le principal concurrent de Lula da Silva, Leonel Brizola, du Parti démocratique des travailleurs (PDT), pourrait bien constituer un sérieux obstacle.
Sao Paulo: il manque 1,2 million de logements
S’exprimant à propos des municipalités qu’ils représentent, les deux
responsables politiques brésiliens se disent conscients des limites de leur
action. Sans parler des problèmes nationaux, la municipalité de Sao Paulo
est confrontée aux graves problèmes du chômage, de la santé et de l’éducation, domaine ou les infrastructures scolaires sont particulièrement mauvaises. Quant au problème du logement, il est tout simplement insurmontable: on construit certes chaque année 60.000 logements. Une goutte d’eau
si l’on sait qu’il en manque 1,2 million pour abriter en grande partie des
gens qui ont déserté la campagne. Une campagne qui se vide aujourd’hui.
Mais c’est là l’histoire d’un autre échec.
Après la Suisse, les deux membres du PT se rendront dans divers pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada dans le but de trouver une aide qui permette un réel développement du Brésil. Ils entendent aussi aborder le problème de la dette extérieure avec des représentants du Fonds
monétaire international (FMI) (apic/pp/pr)