Genève: la religion fout le camp (080590)
Genève, 8mai(APIC) "L’ignorance de la plupart des élèves - pour ne pas
parler de celle des enseignants - en ce qui concerne la Bible et l’ensemble
de l’héritage judéo-chrétien est notoire. Elle constitue un handicap sérieux pour l’accès à l’interprétation et à la compréhension des grands textes de la liturgie". Tel est le diagnostic posé par Roland Benz, enseignant
au Collège de Genève et membre du groupe "Culture chrétienne" qui a mis sur
pied lundi soir 8 mai à Genève un débat consacré à l’"Analphabétisme religieux, danger pour la société?". Un débat auquel a notamment pris part M.
Dominique Föllmi, chef du Département genevois de l’Instruction publique.
Dans un premier temps, Emma Boget, enseignante au Cycle d’orientation, a
mentionné les difficultés d’enseigner l’histoire dans un contexte d’ignorance complète de l’histoire religieuse. Elle a souhaité que les professeurs abordent cette question avec "un esprit de rigueur et scientifique,
avec tolérance et délicatesse".
M. Dominique Föllmi a pour sa part déploré que les bases de la morale
s’estompent, que la famille a partiellement démissionné. Dès lors les valeurs s’affaisent, a-t-il constaté, avant de mentionner la nécessité de réaffirmer une hiérarchiie des valeurs, en s’inspirant notamment de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Décalogue, et de souligner
l’importance pour les enseignants de sortir de l’attitude de gêne et de retrait dans laquelle ils se retrouvent souvent. Ainsi, a-t-il dit, les racines chrétiennes de notre culture pourraient être transmises dans le cadre
de cours de culture générale (français, histoire), où des références à la
religion chrétienne pourraient être faites sans difficultés.
En ce qui concerne la formation des enseignants, Dominique Föllmi a
encore avancé la possibilité de donner une initiation à l’histoire de la
religion dans le cadre de la formation de base et de la formation continue.
Mais, a-t-il insisté, ces cours doivent rester facultatifs et doivent être
donnés par du personnel laïc. Il ne s’agit aucunement de remettre en cause
la laïcité de l’enseignement et de l’école publique, mais seulement d’avoir
"une vision moins étroite de ce problème".
Ce débat public n’est qu’une première étape du groupe "culture chrétienne" auquel participent des enseignants du Cycle d’orientation, du Collège,
de l’Université de Genève et des représentants des Eglises chrétiennes.
(apic/pp/pr)